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Ce qui est affiché sur l'armoire du défibrillateur vieillit aussi

Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 19 octobre 2026.

Sur la porte ou à l'intérieur de l'armoire, on trouve souvent un autocollant, une fiche plastifiée, une étiquette de visite. Quelqu'un les a posés le jour de l'installation, avec les bonnes informations. Des années plus tard, le référent a changé, le numéro ne répond plus, la date indiquée ne dit plus rien de l'état réel de l'appareil. Cet affichage ne fait pas de bruit en vieillissant, c'est bien son défaut.

Ce que l'on trouve en général sur une armoire

Le contenu varie d'un site à l'autre, et rien ne l'uniformise de façon stricte. On croise le plus souvent un pictogramme de signalisation, une consigne d'utilisation en quelques lignes, un numéro à appeler en cas de problème, parfois le nom d'un référent interne et une étiquette indiquant la dernière visite.

Chacun de ces éléments répond à une question différente. Le pictogramme dit où est l'appareil. La consigne rassure une personne qui n'a jamais ouvert l'armoire. Le numéro et le nom disent qui prévenir. L'étiquette de visite dit quand quelqu'un a regardé l'appareil pour la dernière fois. Seuls les deux derniers périment vraiment.

Le numéro qui ne répond plus

Un standard réorganisé, un poste supprimé, un prestataire remplacé : le numéro collé sur l'armoire survit rarement à toutes ces évolutions. Il continue pourtant d'inspirer confiance, puisqu'il est imprimé et plastifié.

Le test est simple et ne prend qu'une minute : appeler le numéro affiché, depuis un téléphone qui n'est pas celui du service concerné. Si personne ne décroche, ou si la personne qui décroche ignore de quel appareil il s'agit, l'affichage est à refaire. En cas de pile d'alarme qui sonne ou de témoin rouge, la personne qui compose ce numéro est rarement patiente.

Le numéro d'urgence, lui, ne change pas et n'a pas besoin de ce contrôle. Ce qui change, c'est le numéro du site, celui du référent, celui de la maintenance.

Le nom du référent, et la date de la dernière visite

Un nom qui n'est plus celui de la bonne personne est pire qu'une absence de nom : on cherche quelqu'un qui n'est plus là. Dès qu'un référent quitte son poste ou le site, la fiche de l'armoire fait partie de ce qu'on met à jour, au même titre que le registre. Nous avons détaillé ce qui se transmet dans ce cas dans l'article sur le changement de référent.

L'étiquette de visite pose un autre problème. Une date de contrôle collée il y a trois ans laisse croire à un passage récent, alors que l'appareil a peut-être été vu depuis, ou pas. Deux situations se présentent : l'étiquette est remplacée à chaque visite et sa date correspond au dernier compte rendu, ou elle n'est jamais remplacée et il vaut mieux la retirer.

Une étiquette ne remplace pas le registre de sécurité ni l'attestation de contrôle. Elle en est, au mieux, un rappel visible. Si les deux se contredisent, c'est le registre qui fait foi, et c'est l'étiquette qu'il faut corriger.

Comment relire l'affichage en cinq minutes

Le plus simple est de le faire lors d'un passage déjà prévu : tour de site, visite annuelle, vérification du témoin d'autotest. On ouvre l'œil sur les papiers comme on le fait sur l'appareil.

On relit d'abord chaque nom et chaque numéro, en se demandant si la personne est toujours là et si la ligne est toujours la bonne. On compare ensuite la date d'étiquette avec le dernier compte rendu de visite. On vérifie enfin que le pictogramme est lisible, non décollé, non masqué par une affiche posée plus tard. Une colle qui jaunit ou un plastique qui se décolore sous une vitre exposée au soleil sont des signes que l'ensemble a vieilli.

Ce qui est périmé se remplace le jour même. Une fiche à jour tient en quelques lignes : un nom, un numéro qui répond, une consigne claire.

Sur un parc de plusieurs appareils

Dès qu'il y a plusieurs sites, l'affichage se désynchronise. Un appareil a été vu au printemps et porte une étiquette neuve, un autre garde celle de l'an dernier, un troisième n'en a plus. Personne n'a décidé de cette disparité, elle vient de l'habitude de ne remplacer que ce qui se voit.

Une règle suffit : l'étiquette est changée à chaque visite par le technicien, qui sait ce qu'il a contrôlé, et les coordonnées sont relues à chaque changement d'organisation. Dans l'inventaire du parc, on peut ajouter une colonne indiquant la date de dernière relecture de l'affichage, sans en faire un chantier à part.

Cette relecture a aussi un intérêt pour le contrôleur ou l'assureur qui passerait : un affichage cohérent avec le registre est un signe d'un parc suivi, sans que cela soit une obligation en soi.

Questions fréquentes

L'étiquette de visite est-elle obligatoire sur l'armoire ?

Pas à notre connaissance sous cette forme : l'obligation porte sur la maintenance et sur la tenue du registre de sécurité, pas sur une étiquette précise. C'est une bonne pratique courante, utile à condition d'être mise à jour à chaque visite. Sinon, mieux vaut la retirer.

Quel numéro faut-il afficher sur l'armoire ?

Un numéro qui répond réellement : celui du référent ou du service chargé du défibrillateur sur le site, et le cas échéant celui de la maintenance. Il se teste en l'appelant. Le numéro d'urgence national n'a pas besoin d'être modifié.

Qui doit remplacer l'affichage quand le référent change ?

Le nouveau référent, ou la personne qui a repris le suivi du parc, dès la passation. Elle remplace le nom et le numéro, puis vérifie que le registre et la déclaration Géo'DAE portent les mêmes informations.

Peut-on plastifier une fiche et la coller soi-même ?

Oui, c'est un geste sans risque pour l'appareil, à condition de ne rien coller sur les électrodes, le témoin d'autotest ou l'ouverture de l'armoire. Évitez les supports qui gênent la lecture du témoin ou l'ouverture rapide.

L'étiquette peut-elle remplacer l'attestation de contrôle ?

Non. L'attestation et le registre sont les documents qu'on présente à un contrôleur. L'étiquette n'en est qu'un rappel visible sur place, et en cas de différence c'est le registre qui fait référence.

Un parc à faire suivre ?

Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.

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