Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 4 octobre 2026.

Le sinistre est maîtrisé, les pompiers sont partis, l'expert d'assurance est passé. Reste une question que personne n'a posée : qu'est-il arrivé au défibrillateur ? Il est peut-être intact, noirci de suie, mouillé ou simplement resté trois jours sans chauffage. Son voyant est peut-être encore vert. Cet article s'adresse à l'exploitant qui doit décider, preuves à l'appui, si l'appareil reste en service.
Un incendie dans un autre étage, une fuite deux pièces plus loin, une coupure d'électricité de plusieurs jours : le défibrillateur peut n'avoir jamais été au contact des flammes ou de l'eau et avoir pourtant subi des fumées, de l'humidité, de la chaleur ou un froid inhabituel. Les électrodes et la batterie sont les premières exposées, parce que leurs conditions de conservation sont précisées par le fabricant.
Le réflexe de bon sens consiste à ne rien conclure d'après l'aspect extérieur. Un boîtier propre ne dit rien de l'état des électrodes, et un voyant vert ne dit rien de ce qui s'est passé depuis le dernier autotest.
Le cas le plus sournois est la coupure prolongée. Un bâtiment resté fermé après un sinistre, sans chauffage l'hiver ou sans ventilation l'été, expose l'appareil à des températures que personne n'a mesurées. Demandez-vous combien de temps le local est resté dans cet état.
Avant de toucher à quoi que ce soit, regardez et notez. L'armoire est-elle ouverte, fumée, déformée, mouillée à l'intérieur ? Y a-t-il de la condensation sur le boîtier ou sur la fenêtre de l'armoire ? Une odeur de brûlé persiste-t-elle ? L'appareil a-t-il été déplacé par les secours ou par l'entreprise de nettoyage ?
Photographiez l'armoire, le boîtier, les électrodes dans leur emballage et l'étiquette de maintenance, avec la date. Ces images serviront à votre assureur comme à votre prestataire. Relevez aussi l'état du témoin de l'appareil et, si le modèle le permet, l'heure et la date affichées, qui disent si l'alimentation a été coupée longtemps.
Si l'appareil a été exposé à l'eau, à une chaleur forte ou à de la suie, ne le mettez pas en marche pour voir. Un essai sur un appareil mouillé n'apporte rien et peut l'abîmer.
Tant que le doute persiste, l'appareil ne doit pas être présenté comme disponible. Une armoire qui indique un défibrillateur fiable alors qu'il ne l'est plus est pire qu'une armoire vide et signalée comme telle. Si le local est interdit d'accès, le problème est le même : l'appareil existe mais personne ne peut aller le chercher.
Décidez qui prend la décision et notez-la. Dans un parc multisite, c'est le référent désigné qui tranche, pas la personne qui a découvert la situation. Affichez la mention d'indisponibilité à l'emplacement habituel et, si un autre appareil est proche, indiquez où il se trouve.
Quand l'appareil est remis à sa place, retirez la mention d'indisponibilité le jour même et consignez l'heure. Un panneau oublié sur une armoire de nouveau opérationnelle fait perdre au défibrillateur son utilité aussi sûrement qu'une panne.
Le contrôle après sinistre n'est pas une visite annuelle de plus. Il répond à une question précise : l'appareil, sa batterie et ses électrodes ont-ils gardé leurs conditions normales de fonctionnement ? Le technicien examine le boîtier, les connecteurs, l'armoire, les consommables et leurs conditions de stockage, puis déclenche les vérifications prévues pour le modèle.
Selon ce qu'il constate, il peut recommander de remplacer les électrodes, la batterie, l'armoire, voire l'appareil entier. Ce n'est pas systématique et ce n'est pas écarté d'avance : la décision se prend sur constat. Si le sinistre est déclaré à l'assurance, demandez au prestataire un compte rendu écrit, daté, qui servira de pièce justificative.
Le registre de sécurité doit garder la trace de l'événement : date du sinistre, constats, décision prise, intervention réalisée, date de remise en service. Un contrôleur qui lit une fiche sans trou entre deux visites comprend immédiatement ce qui s'est passé.
Côté Géo'DAE, si l'appareil a été retiré, remplacé ou déplacé, la déclaration doit suivre. Une base qui annonce un appareil accessible dans un local fermé pour travaux envoie des secours vers une armoire inutilisable.
Pensez enfin aux consommables remplacés : électrodes et batterie usagées ne se jettent pas avec les déchets ordinaires, et les dates des nouveaux consommables doivent être reportées sur la fiche de l'appareil.
Pas sans contrôle si l'appareil ou son local a été exposé à la fumée, à l'eau, à la chaleur ou à une longue coupure. Le voyant reflète le dernier autotest, pas ce qui s'est produit depuis. Faites constater l'état par votre prestataire avant de le déclarer disponible.
Si l'appareil figure parmi les biens touchés ou exposés, oui, il est prudent de l'inclure dans la déclaration de sinistre. Joignez vos photos datées et, plus tard, le compte rendu du technicien. Vérifiez les conditions de votre contrat, que nous ne pouvons pas connaître.
Non, pas systématiquement. Le technicien en décide d'après l'état constaté et les conditions de conservation du fabricant. Si l'emballage est abîmé, mouillé ou resté exposé à une chaleur excessive, le remplacement est la réponse la plus sûre.
Une mention claire d'indisponibilité, datée, avec l'emplacement du défibrillateur le plus proche s'il en existe un. Retirez ou masquez la signalétique qui dirige vers un appareil que personne ne pourra utiliser, et rétablissez-la à la remise en service.
Dans le registre de sécurité, avec la date du sinistre, les constats, la décision et l'intervention. Si l'appareil a bougé ou changé d'état de disponibilité, mettez aussi à jour la déclaration Géo'DAE pour que la base reste conforme à la réalité.
Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.