Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 15 octobre 2026.

Un défibrillateur qui affiche un défaut persistant finit parfois par partir en réparation. Le mur reste là, l'armoire aussi, la signalétique continue d'indiquer un appareil qui n'y est plus. Pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines, le site est exposé sans que personne ne l'ait décidé. Voici ce qui se règle avant le départ de l'appareil, pendant son absence, et à son retour.
On pense à la réparation comme à une affaire entre l'appareil et l'atelier. Pour l'exploitant, c'est autre chose : pendant l'absence, le site n'est plus équipé. Les personnes présentes comptent sur un appareil qui n'est pas là, la signalétique les envoie vers un mur vide, et le registre de sécurité affiche toujours un défibrillateur en service.
Le départ mérite donc la même attention qu'un déplacement ou qu'une fermeture : il se note, il se date, et quelqu'un décide de ce qui le remplace, ou accepte en connaissance de cause de ne rien mettre.
Relevez le numéro de série de l'appareil, la date de départ, le motif de la réparation et le nom de la personne qui l'a remis. Ajoutez les dates de péremption des électrodes et de la batterie qui l'accompagnent. Sans cela, au retour, rien ne prouve que c'est bien le même appareil, avec les mêmes consommables.
Demandez aussi à qui revient la décision sur la suite. Selon le contrat et selon l'état de la garantie, la réparation peut relever du fabricant, du prestataire ou de l'exploitant. Cette question se pose avant d'expédier l'appareil, pas une fois qu'il est parti.
Si les électrodes et la batterie voyagent avec l'appareil, vérifiez qu'elles reviennent avec lui. Si elles restent sur place, rangez-les à l'abri, dans leur emballage d'origine, et notez où.
Le plus dangereux dans cette période n'est pas l'absence en elle-même, c'est qu'elle ne se voie pas. Une armoire fermée, une affiche, un pictogramme : tout indique un appareil prêt. Une personne en difficulté ne lira pas le registre.
Posez un affichage clair sur l'armoire ou à sa place, qui indique que l'appareil est momentanément absent et où se trouve l'appareil le plus proche, s'il y en a un. Prévenez les équipes et l'accueil, pour que le réflexe d'aller chercher l'appareil ne fasse pas perdre de précieuses minutes.
Si le site compte plusieurs appareils, ou si le prestataire peut proposer une solution d'attente, la question se règle avant le départ. Ne comptez pas sur un dispositif de remplacement que le contrat ne prévoit pas : demandez, et notez la réponse.
Un appareil absent plusieurs semaines pose la question de la déclaration Géo'DAE. La base indique un défibrillateur disponible à une adresse ; pendant la réparation, ce n'est plus exact. Selon la durée prévue, il est prudent de signaler l'indisponibilité ou de mettre la fiche à jour, plutôt que de laisser un secouriste se déplacer pour rien.
Dans le registre de sécurité, consignez l'événement comme n'importe quelle intervention : date de départ, motif, date de retour. Un contrôleur qui voit un trou de plusieurs semaines sans explication tirera ses propres conclusions.
Un appareil qui revient n'est pas un appareil neuf. Contrôlez le numéro de série, comparez-le à celui noté au départ, et relisez les dates des consommables. Selon les modèles, électrodes entre deux et cinq ans, batterie entre quatre et sept ans : une réparation n'a pas remis ces compteurs à zéro, sauf remplacement documenté.
Demandez ce qui a été fait. Un compte rendu d'intervention, même court, précise la panne constatée, la pièce changée, le test effectué. Vérifiez que le témoin d'autotest est au vert après remise en route, et que l'horloge affiche la bonne date.
Remettez ensuite l'appareil dans l'armoire, retirez l'affichage d'absence, mettez à jour Géo'DAE si vous l'aviez modifiée, et complétez le registre. L'appareil n'est vraiment revenu en service que lorsque ces quatre gestes sont faits.
Un appareil réparé qui retombe en défaut peu après pose une autre question : celle de son remplacement. Gardez la trace de chaque départ en réparation. Trois retours en deux ans racontent quelque chose que l'on ne voit pas dans une seule intervention, et nourrissent la discussion sur l'âge de l'appareil lors d'un audit de parc.
Cette trace sert aussi au quotidien : elle permet de comparer les délais de retour, de repérer un prestataire lent, et de prévoir à l’avance la solution d’attente la prochaine fois.
Rien ne l'impose de façon générale, mais un site sans appareil est un site exposé. Si le contrat ou le prestataire prévoit une solution d'attente, utilisez-la. Sinon, affichez l'absence et indiquez l'appareil le plus proche, en le notant dans le registre.
Si l'absence dure, oui, c'est prudent : la base annonce un appareil disponible qui ne l'est plus. Signalez l'indisponibilité ou mettez la fiche à jour, puis rétablissez-la au retour. Pour une absence très courte, le choix vous revient.
Cela dépend de la panne et de l'atelier. Demandez-le avant l'expédition et notez la réponse. Dans tous les cas, relisez leurs dates de péremption au retour, car une réparation ne remet pas leur durée de vie à zéro.
Conservez le compte rendu d'intervention, les dates de départ et de retour, le numéro de série et la mention au registre de sécurité. Ces éléments montrent, en cas de contrôle, que l'absence a été identifiée et que l'appareil est revenu vérifié.
Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.