Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 29 septembre 2026.

Un agent d'entretien accroche l'armoire avec son chariot, un appareil glisse d'un support mal fixé, un carton lui tombe dessus. Quelqu'un le ramasse, le remet en place, le voyant est toujours vert : on passe à autre chose. C'est précisément ce réflexe qu'il faut interrompre. Un choc mécanique n'apparaît pas forcément à l'autotest, et l'appareil reste utilisable ou non selon ce qu'il a subi.
L'autotest vérifie que l'appareil peut se charger, que la batterie répond et que les électrodes sont connectées. Il ne regarde ni la coque, ni l'état d'un connecteur, ni la fixation interne d'un composant. Un appareil peut donc chuter, se fissurer légèrement, et continuer d'afficher son témoin de bon fonctionnement jusqu'au jour où on en a besoin.
L'inverse existe aussi : un choc peut déclencher une alarme ou un témoin rouge qui n'était pas là avant. Dans les deux cas, l'événement mérite d'être noté, avant même de décider de la suite.
Avant de remettre l'appareil au mur, regardez-le comme on regarde un objet tombé : coque fissurée ou éclatée, coin enfoncé, trappe de la batterie qui ne ferme plus, connecteur des électrodes tordu, poignée arrachée. Regardez aussi le témoin d'état et écoutez s'il émet un signal sonore.
Si vous constatez un dommage visible, ou si le témoin n'est plus vert, considérez l'appareil comme indisponible. Ne l'ouvrez pas, ne retirez pas la batterie pour voir. Prévenez le référent défibrillateur, et si un événement se déroule sur le site en attendant, sachez d'avance où se trouve l'appareil le plus proche.
Prenez une photo de l'appareil et de l'endroit où il est tombé, avec la date. Cela coûte dix secondes et évite, plus tard, de devoir reconstituer de mémoire un événement que personne n'avait jugé important sur le moment.
Les électrodes sont scellées dans leur sachet, et ce sachet protège le gel. Un sachet percé, plié franchement ou écrasé ne se juge pas à l'œil : le gel peut sécher sans que rien ne se voie à travers l'emballage. Un sachet visiblement abîmé se remplace.
La batterie contient une chimie qui réagit mal aux chocs mécaniques. Si elle est tombée hors de son logement, ou si l'appareil a reçu un coup au niveau de son compartiment, elle fait partie de ce qu'il faut faire examiner, même si la date de péremption est encore lointaine.
Si un jeu de consommables de rechange est stocké sur le site, c'est le moment de vérifier qu'il n'a pas subi le même choc, surtout lorsqu'il était rangé dans l'armoire touchée ou dans un tiroir voisin.
Souvent, ce n'est pas l'appareil qui a été heurté mais son armoire : charnière faussée, vitre fêlée, fixation murale qui a bougé, alarme de l'armoire déclenchée. Une armoire qui ne ferme plus n'assure plus la protection contre la poussière et l'humidité, et une armoire qui pend au mur est une chute de plus qui attend.
Cherchez aussi la cause. Un couloir trop étroit, un chariot qui passe à cet endroit tous les soirs, un support vissé dans une cloison trop légère : si rien ne change, l'incident se reproduira. Déplacer l'appareil de quelques mètres coûte moins cher qu'un deuxième contrôle.
Un appareil qui a subi un choc relève d'une visite, sans attendre l'échéance annuelle. La visite de maintenance préventive comprend notamment la mesure de l'énergie réellement délivrée au choc, la vérification des électrodes et le test de charge de la batterie : ce sont ces contrôles, et non l'autotest, qui disent si l'appareil a gardé ses performances.
Côté traçabilité, notez l'incident dans le registre de sécurité : date, circonstances, constat, décision. Si l'appareil a été retiré du mur un temps, la période d'indisponibilité y figure aussi. Ce sont des mentions que l'on est heureux d'avoir écrites le jour où quelqu'un demande pourquoi l'appareil a été hors service.
Selon le résultat, l'appareil est remis en service, ses consommables sont remplacés, ou il est écarté. Cette décision se prend sur le rapport du technicien, pas sur l'impression de l'agent qui l'a ramassé.
Dans un parc multisite, ces incidents se règlent au niveau local et ne remontent jamais. Demandez aux sites de signaler tout choc, même sans conséquence apparente, au responsable du parc. Une simple consigne, un modèle de message en trois lignes, suffit. Le responsable pourra alors rapprocher l'événement de la prochaine visite et décider s'il faut l'avancer.
Oui, c'est prudent. L'autotest ne détecte ni une fissure de coque, ni un sachet d'électrodes abîmé, ni l'effet d'un choc sur la batterie. Signalez l'incident au référent, notez-le dans le registre et faites vérifier l'appareil avant de le considérer comme pleinement disponible.
Non. La coque protège des composants sensibles, et l'ouvrir ne renseigne pas sur ce qui compte : la capacité à délivrer l'énergie. L'examen visuel se limite à l'extérieur, aux électrodes dans leur sachet et à la batterie. Le reste relève du technicien.
Pas systématiquement. Si le sachet est intact et non plié, elles peuvent rester en service. S'il est percé, écrasé ou abîmé, remplacez-les : le gel ne se juge pas à travers l'emballage. Dans le doute, le technicien tranche lors de la visite.
C'est une bonne pratique plus qu'une règle chiffrée : le registre consigne les contrôles et les événements touchant à la sécurité. Y inscrire l'incident, sa date, le constat et la décision prise protège l'exploitant si l'on lui demande de justifier une période d'indisponibilité.
Réparez ou remplacez l'armoire rapidement. Fermée de travers, elle laisse entrer la poussière et l'humidité, et elle ne retient plus l'appareil si elle se décroche. En attendant, vérifiez que l'appareil reste accessible, signalé, et contrôlez-le à la prochaine visite.
Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.