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Les horaires d'accès au défibrillateur : la fiche et la réalité du site

Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 20 octobre 2026.

Un défibrillateur posé dans un hall n'est pas forcément joignable à toute heure. La porte se verrouille le soir, le gardien part le week-end, le portail se ferme pendant les congés. Or la fiche publique de l'appareil est lue par des gens qui ne connaissent pas les lieux et qui font confiance à ce qu'elle annonce. Voici comment faire coïncider ce que la déclaration affirme et ce que le site permet réellement, et qui doit y veiller.

Une fiche lue par des inconnus

La déclaration Géo'DAE ne s'adresse pas aux salariés du site. Ils savent où est l'appareil, qui détient le badge, à quelle heure on ferme. Elle s'adresse à un témoin, à un régulateur du SAMU, à une application d'alerte : des personnes qui n'ont que la fiche pour décider d'envoyer quelqu'un chercher l'appareil.

Si la fiche indique un accès permanent alors que le hall est verrouillé après dix-neuf heures, la personne envoyée arrive devant une porte close. Le temps perdu ne se rattrape pas, et il se perd précisément au moment où chaque minute compte.

Le problème est rarement une erreur de saisie. C'est presque toujours une fiche exacte le jour où elle a été remplie, puis dépassée par une décision prise ailleurs, sans que personne ne fasse le lien avec l'appareil.

Ce qu'on déclare, ce qu'on vit

La base permet de préciser les conditions d'accès et les jours et heures de disponibilité de l'appareil. Ces champs se remplissent une fois, à la déclaration, et personne n'y retouche quand la vie du site change. C'est là que naissent les écarts.

Les cas les plus courants se ressemblent. Un bureau passe en horaires réduits et ferme à dix-sept heures. Un gardien est remplacé par une télésurveillance, sans personne pour ouvrir. Un parking fermé par barrière la nuit conduit à une armoire que l'on ne peut plus atteindre. Une salle de sport coupe son accès les jours fériés. Chaque changement est anodin pour ceux qui le décident, et invisible pour celui qui lit la fiche.

Le même écart existe dans l'autre sens. Un site qui a étendu ses horaires, ouvert un accès extérieur ou installé un digicode en façade garde parfois une fiche plus restrictive que la réalité, et se prive d'un appareil que les secours auraient pu envoyer chercher.

Le parcours à faire à la place d'un inconnu

Le contrôle le plus utile consiste à jouer le rôle du témoin. On part de l'adresse portée sur la fiche, à une heure où le site est fermé, et on cherche l'appareil sans badge, sans clé et sans connaître les lieux. Chaque obstacle rencontré est une ligne à corriger : soit l'obstacle, soit la fiche.

Ce test se fait idéalement deux fois, en pleine journée et le soir, et se refait quand l'organisation du site change. Il complète le contrôle du cheminement intérieur, mais il ne le remplace pas : ici, on vérifie que la porte d'entrée elle-même ne dément pas la déclaration.

On note au passage ce qu'un inconnu doit savoir pour réussir : un interphone qui sonne dans une pièce vide ne sert à rien, un code que seul le personnel connaît non plus. Si la seule façon d'entrer est d'appeler quelqu'un, il faut un numéro qui répond à toute heure, et ce numéro doit figurer sur la fiche.

Corriger la fiche ou corriger l'accès

Deux issues sont possibles et aucune n'est la mauvaise par principe. Si l'accès n'existe que pendant les heures d'ouverture, la fiche doit le dire, avec les horaires réels. Un appareil honnêtement déclaré en accès limité reste utile : on sait quand il est joignable et quand il ne l'est pas.

Si l'on veut au contraire un appareil disponible en permanence, c'est le site qui doit bouger : déplacer l'armoire côté rue, prévoir un accès extérieur, remettre l'appareil dans une zone qui ne se verrouille pas. Cette décision relève de l'exploitant, pas du technicien de maintenance, qui peut en revanche constater l'écart lors d'une visite et le signaler.

Dans les deux cas, la correction se date. Une ligne dans le registre ou dans l'inventaire du parc, avec la raison du changement, permet de retrouver pourquoi la fiche dit ce qu'elle dit le jour où un contrôleur ou un nouveau référent pose la question.

Qui surveille cet écart

Personne ne le surveille par défaut. Le registre de sécurité consigne les contrôles de l'appareil, pas les horaires d'ouverture du bâtiment. La visite d'entretien vérifie l'état de l'appareil et de ses consommables, pas les décisions de la direction sur la fermeture des locaux.

Le plus simple est de rattacher la relecture des horaires déclarés à un événement que l'exploitant connaît : changement d'horaires, nouveau gardiennage, travaux sur les accès, fermeture saisonnière. Sur un parc multisite, une colonne « conditions d'accès » dans l'inventaire évite d'oublier qu'un site ferme plus tôt que les autres.

Questions fréquentes

Un défibrillateur doit-il être accessible 24 heures sur 24 ?

Non, il n'existe pas de règle générale en ce sens pour tous les sites. L'important est que ce qui est déclaré corresponde à ce qui est vécu. Un appareil accessible seulement aux heures d'ouverture peut le rester, à condition que ces horaires soient indiqués clairement sur la fiche.

Qui modifie les horaires sur la fiche publique ?

C'est l'exploitant de l'appareil, qui est aussi celui qui l'a déclaré. Le prestataire de maintenance peut signaler un écart constaté en visite, mais la déclaration reste du ressort de celui qui exploite les lieux.

Faut-il aussi l'indiquer sur l'armoire ?

C'est une bonne pratique, sans obligation générale. Une mention lisible des horaires ou de la procédure d'accès, affichée près de l'armoire et à l'entrée, évite à un inconnu de chercher en vain. Elle doit être relue comme le reste de l'affichage.

Que faire quand le site ferme plusieurs semaines ?

Mettre la fiche en cohérence avec la fermeture pour la durée prévue, puis la rétablir à la réouverture. Si l'appareil peut être déplacé vers un lieu resté accessible, c'est une autre option, à condition de mettre la déclaration à jour dans les deux sens.

Un badge ou un code d'entrée change-t-il la déclaration ?

Oui, c'est une condition d'accès à mentionner. Un inconnu ne dispose ni du badge ni du code. Si l'appareil est derrière une porte contrôlée, la fiche doit l'indiquer et préciser comment une personne extérieure peut se faire ouvrir.

Un parc à faire suivre ?

Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.

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