Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 8 octobre 2026.

Le compte rendu de visite arrive par courriel, souvent en pièce jointe, et finit trop souvent dans un dossier sans avoir été lu. Il est pourtant la seule trace de ce qui a été constaté sur chaque appareil, et il fixe ce qui reste à faire. Voici comment le lire à froid, ce qu'il doit contenir, et ce qu'on en tire pour le registre.
Un bon compte rendu ne parle pas du parc en général. Il désigne chaque appareil, par son emplacement et son numéro de série, et dit ce qui a été constaté sur lui. Si deux défibrillateurs partagent la même ligne, ou si le numéro de série manque, on ne sait plus quel appareil a reçu quel contrôle.
Cherchez au minimum la date de la visite, le nom de la personne qui est intervenue, l'état des électrodes et de la batterie avec leurs dates de péremption, et le résultat de l'indicateur d'état de l'appareil. Ces dates sont celles que vous reporterez dans votre échéancier.
Regardez aussi ce qui n'est pas écrit. Un compte rendu qui ne mentionne ni les électrodes pédiatriques, ni l'armoire, ni la signalétique laisse supposer que ces éléments n'ont pas été regardés. Ce n'est pas un défaut en soi si la visite ne les couvre pas, mais vous devez le savoir pour ne pas croire qu'ils ont été contrôlés.
Le piège du compte rendu est la conclusion globale. Une mention « appareil opérationnel » en bas de page peut cohabiter, trois lignes plus haut, avec une électrode qui arrive à échéance dans quelques mois. Les deux informations sont vraies, mais seule la seconde appelle une action de votre part.
Lisez donc le document en cherchant les verbes : à remplacer, à surveiller, à signaler, à réparer. Chaque verbe désigne une tâche, avec un appareil et idéalement une date. Une remarque sans échéance, du type « prévoir un changement prochainement », mérite une question : prochainement, c'est quand ?
Si le document comporte une échelle de gravité, vérifiez qu'elle est expliquée quelque part. Un « point d'attention » peut vouloir dire beaucoup de choses, et chacun le lit à sa manière. Dans le doute, une question posée par courriel au prestataire coûte moins cher qu'une supposition.
Le compte rendu se compare à ce que vous avez déjà. Les dates relevées sur l'appareil doivent correspondre à celles de votre registre, et l'emplacement décrit doit être celui où l'appareil se trouve réellement. Un écart n'est pas forcément une erreur du technicien : il peut révéler un appareil déplacé, une batterie changée sans que personne ne l'ait noté, ou un numéro de série mal recopié il y a longtemps.
Dans tous les cas, l'écart se traite tout de suite, tant que la visite est récente et que les personnes concernées s'en souviennent. Trois mois plus tard, personne ne saura plus dire lequel des deux documents avait raison.
| Ce que vous lisez | Ce que cela peut signifier | Ce que vous faites |
|---|---|---|
| Date de péremption différente du registre | Consommable remplacé sans mise à jour du registre | Corriger le registre, noter l'origine de l'écart |
| Emplacement différent de celui connu | Appareil déplacé | Vérifier la déclaration Géo'DAE et la signalétique |
| Numéro de série absent ou illisible | Compte rendu incomplet | Demander la correction au prestataire |
| Remarque sans échéance | Réserve vague | Demander une date précise |
Une réserve est une décision en attente, et c'est à l'exploitant de la prendre. Remplacer, attendre la prochaine visite, ou faire intervenir quelqu'un d'autre : chaque option a un coût et un délai, et le technicien ne choisit pas à votre place. Répondez par écrit, même brièvement, et gardez la réponse avec le compte rendu.
Cette réponse écrite a une vraie valeur le jour où quelqu'un vous demande pourquoi un consommable est resté en place jusqu'à sa date limite. Elle montre que l'information a circulé et qu'un choix a été fait en connaissance de cause.
Dans une organisation de plusieurs sites, le compte rendu part souvent à une personne qui n'est ni sur place ni décisionnaire. Elle le transfère, ou croit que quelqu'un d'autre l'a fait. Décidez une fois pour toutes qui le lit, qui répond et qui prévient le site concerné.
Une règle simple suffit : le destinataire du compte rendu en accuse réception auprès du prestataire et transmet au référent du site les seules lignes qui le concernent. Le référent n'a pas besoin de tout le parc, il a besoin de savoir ce qui change chez lui, et pour quand.
Le compte rendu se rattache au registre de sécurité de l'établissement : on y inscrit la visite, sa date, et on conserve le document à côté. Il se range par site, puis par année, pas par prestataire, pour que quelqu'un qui reprend le dossier retrouve l'historique sans connaître votre organisation.
Si vous gérez plusieurs sites, prenez l'habitude de répondre à la même question à chaque réception : que dois-je faire, pour quel appareil, avant quelle date ? La réponse alimente directement l'échéancier du parc.
Dès sa réception, tant que la visite est récente. Les écarts avec votre registre se résolvent facilement quand le technicien et le référent se souviennent encore des lieux. Aucun délai n'est fixé par un texte à notre connaissance, mais plus on attend, plus les réserves restent sans réponse.
Non. Il en est une pièce justificative. Le registre garde la trace de la visite, et le compte rendu en détaille le contenu. On les conserve ensemble pour que l'un renvoie à l'autre.
Demandez au prestataire de corriger le document. Le numéro de série relie l'appareil au registre, à l'étiquette et à la déclaration Géo'DAE : sans lui, le compte rendu ne prouve pas quel appareil a été contrôlé.
C'est fortement conseillé, même si rien ne l'impose. Une réponse courte, datée, qui indique la décision prise, suffit. Elle montre que l'exploitant a été informé et qu'il a arbitré, ce qui compte lors d'un contrôle.
Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.