Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 7 octobre 2026.

Un parc se constitue rarement d'un seul coup. Un site a été équipé il y a des années, un autre a hérité d'un appareil au rachat, un troisième a remplacé un modèle volé par un autre. Au bout du compte, l'exploitant gère des appareils qui ne se ressemblent pas. Chaque différence ajoute une ligne à suivre, et c'est là que les oublis s'installent.
Une électrode ne se monte pas sur n'importe quel appareil, et une batterie encore moins. Dans un parc homogène, une seule référence suffit à tout commander. Dans un parc mélangé, il y en a autant que de modèles, parfois davantage quand l'adulte et le pédiatrique se commandent séparément.
Le risque concret est la commande faite de mémoire. Quelqu'un se souvient d'avoir commandé « les électrodes du défibrillateur » pour le site voisin et recommence à l'identique, alors que l'appareil du second site est d'un autre fabricant. Le colis arrive, la référence est bonne, mais pas pour cet appareil.
Le contrôle à la réception d'un colis est donc plus utile ici qu'ailleurs : on compare la référence imprimée sur l'emballage à celle de la fiche de l'appareil destinataire, avant de ranger quoi que ce soit.
Sur le site, les électrodes se comptent de deux à cinq ans et la batterie de quatre à sept ans, selon les modèles. Cet écart n'est pas théorique : il se retrouve entre deux appareils d'un même parc. Un modèle dont la batterie tient sept ans et un autre qui en demande quatre ne produisent pas le même calendrier, même installés le même jour.
La date à retenir est celle imprimée sur le consommable posé dans l'appareil, pas celle de la plaquette commerciale ni celle du site voisin. Elle se lit sur chaque appareil, et se reporte appareil par appareil dans l'échéancier.
| Ce qui varie | Pourquoi cela compte | Où le noter |
|---|---|---|
| Référence des électrodes | Une électrode ne convient qu'à certains appareils | Fiche de l'appareil |
| Référence de la batterie | Même constat, avec un autre jeu de références | Fiche de l'appareil |
| Date de péremption | Propre à chaque lot posé dans l'appareil | Échéancier du parc |
| Signal de l'autotest | Témoin, bip ou message selon le modèle | Consigne affichée près de l'appareil |
Un voyant vert fixe rassure sur un modèle et signifie autre chose sur un autre. Certains appareils clignotent quand tout va bien, d'autres restent allumés ; l'alarme sonore, quand elle existe, n'a ni le même rythme ni la même cause d'un fabricant à l'autre.
Un référent de site qui a appris à lire son appareil lira mal celui d'un autre site. Dès qu'une personne tourne entre plusieurs établissements, la consigne doit être écrite pour l'appareil qu'elle a devant elle, et non pour « le défibrillateur » en général.
Pour les personnes de passage, par exemple un agent d'astreinte ou un prestataire de nettoyage, la même logique vaut : une affichette lisible près de l'armoire, qui décrit ce que l'appareil affiche quand tout va bien, évite qu'un signal normal soit pris pour une panne, ou l'inverse.
Avec un seul modèle, on peut se permettre une fiche approximative. Avec plusieurs, l'inventaire porte l'essentiel : site, emplacement, marque, modèle, numéro de série, référence des électrodes, référence de la batterie, dates de péremption. Sans ces colonnes, la commande, la visite et la déclaration Géo'DAE se font à tâtons.
Le numéro de série relie ces informations à l'appareil réel. Le registre de sécurité, l'étiquette et la base nationale doivent le porter de la même façon. Lorsqu'un appareil a été remplacé, la ligne de l'ancien disparaît de l'échéancier et celle du nouveau apparaît, sinon le parc affiche une échéance pour un appareil qui n'existe plus.
Cet inventaire sert aussi le jour où un contrôleur demande à voir le parc : une liste claire, à jour, modèle par modèle, montre que chaque appareil est suivi pour ce qu'il est.
L'uniformisation simplifie le suivi, mais elle n'est pas une obligation et ne se décide pas pour des raisons d'entretien seules. Remplacer un appareil en état de marche pour harmoniser la flotte est un choix budgétaire, à comparer avec la fin de vie réelle de chaque modèle.
En pratique, on harmonise souvent au fil des remplacements : quand un appareil arrive en fin de vie ou disparaît, le suivant est choisi en tenant compte de ce qui équipe déjà les autres sites. Un audit de parc permet de poser cet état des lieux, modèle par modèle, avant toute décision.
Trois gestes suffisent pour reprendre la main sur un parc mélangé. Dresser la liste des modèles réellement présents, avec leurs références de consommables. Rédiger une consigne d'une page par modèle, placée près de chaque appareil. Ajouter à l'échéancier une colonne indiquant quelle référence commander, de façon que personne n'ait à la retrouver le jour de la commande.
Ce travail se fait une fois, puis se met à jour à chaque visite d'entretien. Il évite surtout de découvrir, au moment où un colis arrive, qu'il ne va à aucun des appareils du site.
Seulement si tous les appareils sont du même modèle. Dès que le parc mélange plusieurs fabricants ou plusieurs générations, chaque appareil a sa référence. Il faut la lire sur l'appareil ou sa fiche, et non la déduire d'un autre site.
Oui, à condition de disposer d'une consigne écrite par modèle, qui décrit le témoin normal et la conduite à tenir en cas d'alarme. Sans cela, il risque d'appliquer à un appareil les habitudes acquises sur un autre.
Non. La batterie se situe de quatre à sept ans selon les modèles, et les électrodes de deux à cinq ans. Seule la date imprimée sur le consommable posé dans l'appareil fait foi pour l'échéancier.
Ce n'est pas une obligation. L'uniformisation facilite le suivi, mais elle se décide avec l'état réel de chaque appareil et son âge. Beaucoup d'exploitants harmonisent progressivement, au rythme des remplacements.
Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.