Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 9 octobre 2026.

Le technicien contrôle l'appareil, ses électrodes et sa batterie. Personne ne contrôle le trajet qui y mène. Or, le jour où quelqu'un s'effondre, celui qui part le chercher traverse des couloirs, des portes et parfois des étages. Ce trajet se vérifie à pied, une fois par an, en vingt minutes, et il révèle des défauts que la visite d'entretien ne voit pas.
Le réflexe est de mesurer depuis l'appareil. C'est l'inverse qu'il faut faire. Choisissez l'endroit du site d'où l'appareil est le plus difficile à atteindre : l'extrémité d'une aile, un étage haut, l'atelier du fond, le local technique, la cour arrière. C'est là que se trouve la personne qui aura le plus de chemin à faire.
Partez de ce point, à l'allure de quelqu'un qui presse le pas sans courir, et allez jusqu'à l'armoire. Puis revenez en portant l'appareil, car le retour compte autant que l'aller. Notez le temps écoulé, avec le chronomètre d'un téléphone, et le chemin emprunté.
Le chiffre exact importe moins que sa comparaison d'une année sur l'autre. Si le trajet s'est allongé sans que le bâtiment ait changé, quelque chose s'est installé en route.
Faites-le à deux si le site est grand. L'un marche, l'autre observe ce que le premier ne remarque plus : la porte qui résiste, le carton posé contre un mur, l'angle où l'on hésite sur la direction à prendre. Ce second regard coûte dix minutes et évite bien des angles morts.
Les obstacles ordinaires sont rarement des murs. Ce sont des portes coupe-feu qui se referment et qu'il faut ouvrir à deux mains, un badge exigé pour passer d'un secteur à l'autre, un escalier qu'un ascenseur contourne mal, un portillon, un sas, un couloir encombré par du stockage temporaire.
Regardez aussi l'orientation. À mi-parcours, voit-on encore un panneau qui indique la direction de l'appareil ? Une signalétique juste devant l'armoire ne sert qu'à celui qui est déjà arrivé. Une personne qui découvre les lieux, un intérimaire, un visiteur, doit pouvoir suivre le chemin sans demander.
Enfin, notez ce qui dépend de l'heure. Un accès libre en journée peut se fermer le soir, et un hall ouvert à neuf heures est parfois verrouillé à dix-huit heures. Si le site fonctionne en horaires décalés, refaites le trajet à l'heure où il est le plus fragile.
Pensez enfin aux personnes qui ne marchent pas comme vous. Une rampe trop raide, une porte lourde ou un seuil haut ne gênent pas celui qui court chercher l'appareil, mais ils gênent la personne en fauteuil qui se trouve elle-même à proximité de la victime et voudrait aider.
Le test peut conclure que l'appareil est bien placé pour la moitié du site et trop loin pour l'autre. Ce constat ne se règle pas à la visite d'entretien. Il relève de l'exploitant, qui décide s'il déplace l'appareil, améliore le chemin ou envisage un équipement supplémentaire.
Pour un projet d'achat, la question du nombre d'appareils et de leur choix relève d'un autre terrain que le nôtre. Ce que le test apporte, c'est un constat daté et chiffré, que vous pourrez remettre à celui qui vous conseillera.
Si vous déplacez l'appareil à l'intérieur du bâtiment, la mise à jour du registre et de la déclaration Géo'DAE suit aussitôt, sinon la base indique un emplacement que plus personne n'occupe.
Gardez en tête qu'un chemin court sur le plan peut être long dans les faits. Une distance affichée en mètres ne dit rien des portes, des étages ni du temps passé à chercher le bon couloir. C'est le chronomètre, et non le plan, qui tranche.
Le test ne demande aucune compétence technique. Le référent du défibrillateur peut le faire seul, ou mieux avec une personne qui ne connaît pas les lieux, dont le regard neuf repère ce que l'habitude masque. Pour un site multisite, chaque responsable local le fait sur son périmètre.
Gardez une trace courte : la date, le point de départ, le temps mesuré, les obstacles relevés et ce qui a été corrigé. Une page suffit, classée avec le registre de sécurité. Elle montre à un contrôleur que l'accessibilité n'est pas supposée mais vérifiée.
La visite annuelle d'entretien reste le bon moment pour en parler avec le technicien, qui voit défiler bien des sites et sait ce qui y fonctionne.
Si le test est confié à un nouvel arrivant, il devient aussi une façon de lui montrer où se trouve l'appareil. Celui qui a fait le trajet une fois s'en souvient le jour où il en a besoin.
Non, aucun texte n'impose ce test sous cette forme. C'est une pratique de bon sens qui permet à l'exploitant de s'assurer que l'appareil reste réellement accessible, et de conserver une trace de cette vérification dans son dossier.
Une fois par an convient pour un site stable, par exemple à la date de la visite d'entretien. Refaites-le sans attendre après des travaux, un réaménagement, un changement d'horaires ou le déplacement de l'appareil.
Oui, l'aller et le retour comptent. Portez l'appareil ou un objet de poids comparable au retour pour tenir compte des portes à ouvrir et des escaliers. L'important est de refaire la mesure dans les mêmes conditions d'une année à l'autre.
Il faut trouver une solution avec celui qui gère les accès : droit de passage prévu pour ce chemin, ouverture libre en cas d'alerte ou déplacement de l'appareil. Une consigne orale ne suffit pas, elle doit être connue de tous et écrite.
Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.