Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 17 octobre 2026.

Sur un campus, dans un centre commercial ou une usine à plusieurs ateliers, les défibrillateurs finissent par porter le même nom dans les documents : « le DAE du site ». Le jour de la visite, ou d'une alarme sonore, personne ne sait lequel est concerné. Un repère simple et durable, attribué une fois pour toutes à chaque appareil, évite les erreurs de registre, de consommables et de déclaration.
Avec un seul appareil, le nom importe peu. Dès qu'il y en a deux, les documents commencent à se contredire : le registre parle du « défibrillateur de l'accueil », le technicien note « DAE bâtiment B », le gestionnaire écrit « appareil n° 2 » dans son tableur.
Chacune de ces appellations est compréhensible seule. Mises côte à côte, elles désignent peut-être le même appareil, peut-être deux appareils différents, et personne ne peut le démontrer sans aller voir sur place.
Le problème se voit surtout au moment de planifier. Une visite d'entretien porte sur une liste d'appareils ; si cette liste n'est pas nommée de façon univoque, le technicien arrive avec une idée du parc et le gestionnaire avec une autre. Les écarts se règlent alors sur place, dans la hâte, et rarement par écrit.
Un bon repère tient en quelques mots et ne dépend pas de ce qui peut changer. Il associe un lieu stable, par exemple le bâtiment et l'étage, à un numéro d'ordre. Il ne contient ni le nom d'un occupant, ni celui d'un service, ni un usage de la pièce, car tout cela évolue au fil des réorganisations.
Ce repère n'est pas le numéro de série. Le numéro de série appartient au fabricant, il est long, il figure sur l'appareil et il change si l'appareil est remplacé. Le repère, lui, désigne un emplacement : si l'appareil est remplacé, l'emplacement garde son nom et le registre garde son historique.
Un exemple de forme possible : le bâtiment, l'étage, puis un numéro. Peu importe la convention retenue, pourvu qu'elle soit écrite quelque part, qu'elle s'applique à tous les sites du groupe et qu'une personne nouvelle dans l'équipe puisse la comprendre sans explication.
Pour servir, le même mot doit se retrouver partout où l'appareil est mentionné. Sur l'armoire ou à proximité immédiate, d'abord, de façon lisible. Dans le registre de sécurité ensuite, en face de chaque contrôle. Dans l'inventaire du parc, dans les comptes rendus de visite et dans les échanges avec le prestataire.
La déclaration Géo'DAE est le dernier endroit à ne pas oublier. Chaque appareil y est déclaré avec son emplacement ; une description vague comme « rez-de-chaussée » pour trois appareils rend la base inutilisable pour quelqu'un qui cherche le plus proche.
| Document | Ce qu'on y inscrit |
|---|---|
| Armoire | Le repère, lisible sans ouvrir |
| Registre de sécurité | Le repère en face de chaque contrôle |
| Inventaire du parc | Repère, modèle, numéro de série, dates des consommables |
| Déclaration Géo'DAE | Emplacement précis, cohérent avec le repère |
La plus courante touche les consommables. Deux appareils de modèles différents sur un même site n'utilisent pas les mêmes électrodes. Si une commande est passée pour « le DAE du hall », sans autre précision, le mauvais jeu peut arriver et n'être découvert qu'à la pose.
La deuxième concerne l'alarme. Un témoin ou un signal sonore signalé par un salarié a besoin d'un lieu précis. « Ça bipe quelque part au deuxième » fait perdre du temps ; « le 2 du bâtiment B » se traite tout de suite.
La troisième touche les appareils déplacés. Quand un défibrillateur change de place, le repère de l'ancien emplacement doit être retiré ou réaffecté explicitement, faute de quoi l'historique de deux appareils se mélange.
Enfin, le repère aide à suivre les échéances. Un échéancier par repère montre d'un coup d'œil quel appareil arrive en fin de vie de ses électrodes ou de sa batterie, sans avoir à croiser trois listes.
Commencez par faire le tour du site avec la liste que vous avez en main, et relevez pour chaque appareil le modèle, le numéro de série et l'emplacement exact. Attribuez ensuite les repères, puis reportez-les sur les documents existants.
Si le tour révèle un appareil absent de la liste, ou un appareil listé qui n'est plus là, c'est précisément le genre d'écart qu'un audit de parc met au jour. Dans tous les cas, mieux vaut le découvrir par ce travail d'inventaire que le jour où quelqu'un en a besoin.
Une fois les repères attribués, gardez la liste dans un seul document de référence, à jour, que le référent et le prestataire consultent tous les deux. Toute création, tout déplacement et tout retrait d'appareil passe par ce document avant de passer ailleurs.
Non, c'est une pratique d'organisation. Ce que l'exploitant doit pouvoir montrer, c'est que chaque appareil est maintenu et que les contrôles sont tracés. Un repère clair rend cette démonstration possible quand plusieurs appareils sont présents.
C'est possible, mais peu pratique. Il est long, difficile à lire à distance et change quand l'appareil est remplacé. Un repère lié à l'emplacement reste valable d'un appareil à l'autre et se retient plus facilement.
C'est conseillé. Une personne qui signale une alarme ou un problème peut ainsi désigner l'appareil sans ambiguïté. Veillez simplement à ne pas gêner la signalétique d'urgence ni la lisibilité du pictogramme.
Relevez le numéro de série de chacun, attribuez deux repères distincts, puis corrigez le registre et l'inventaire. Vérifiez aussi la déclaration Géo'DAE, où l'emplacement doit permettre de distinguer les deux appareils.
Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.