Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 11 octobre 2026.

Une société en rachète une autre, ou deux entités fusionnent. Les défibrillateurs, eux, n'ont pas bougé : ils sont au même endroit, avec les mêmes dates de péremption. Ce qui a changé, c'est le nom de celui qui en répond. Entre la signature et le premier incident, il existe souvent un trou où personne ne sait qui suit quoi. Voici comment le refermer sans attendre.
L'obligation d'entretien suit l'exploitant, et l'exploitant est désormais la nouvelle structure. Les appareils repris arrivent avec leur histoire : des électrodes posées il y a plus ou moins longtemps, une batterie dont personne n'a noté la date, un registre tenu par quelqu'un qui est parti avec l'ancienne direction.
Le réflexe est de se dire que le vendeur a bien fait les choses. Parfois c'est vrai. Mais la nouvelle entité doit pouvoir le montrer, et seul un contrôle sur place le démontre. Ce qui n'est pas écrit dans un dossier que vous détenez n'existe pas le jour où l'on vous le demande.
Prenez donc l'opération comme une reprise de dette discrète : on ne sait pas ce qu'elle contient avant d'avoir ouvert chaque armoire. Une demi-journée par site suffit souvent à lever le doute, et elle coûte bien moins qu'une découverte tardive.
Commencez par une liste de tous les appareils, site par site, sans vous fier à celle du vendeur. Pour chacun : le modèle, le numéro de série lu sur l'appareil, l'emplacement exact, la date de péremption des électrodes, celle de la batterie, la date de la dernière visite.
Cette liste réserve des surprises. Un appareil figure sur le papier mais a été déplacé. Un autre est sur place mais absent de tous les documents. Un troisième appartient en réalité à un loueur ou à un ancien prestataire, ce qui change qui doit l'entretenir.
Le numéro de série sert de clé commune entre la liste, le registre, l'étiquette de l'appareil et la déclaration nationale. Un audit de parc est précisément fait pour cet état des lieux quand les sites sont nombreux ou mal documentés.
Photographiez l'étiquette et l'écran de chaque appareil le jour du recensement. Ces images, datées, constituent votre état initial : elles vous protègent si un désaccord surgit plus tard avec le cédant sur l'état réel du parc à la reprise.
Chaque site repris peut avoir son propre contrat, avec son prestataire, sa date d'échéance et ses conditions. Relevez-les tous. Certains se poursuivent automatiquement, d'autres prévoient une clause en cas de changement de contrôle ou de cession, d'autres encore ne couvrent plus qu'une partie des appareils.
Garder plusieurs prestataires un temps n'a rien d'anormal. Ce qui pose problème, c'est de ne pas savoir quand la prochaine visite de chaque site est due. Un échéancier unique, construit à partir des dates relevées, évite que les visites s'accumulent la même année ou, pire, qu'aucune ne tombe avant la fin des consommables.
Si vous changez de prestataire dans la foulée, ce qui doit se transmettre est le même que dans n'importe quel changement : l'historique des visites, les dates, les consignes propres à chaque appareil.
Plusieurs documents mentionnent l'ancien exploitant : le registre de sécurité, les attestations de contrôle, les étiquettes de maintenance, et la déclaration d'un appareil dans la base nationale Géo'DAE. Tant qu'ils ne sont pas à jour, un tiers qui cherche à joindre le responsable tombe sur une entité qui n'existe plus.
Ne remplacez pas les anciennes pièces : conservez-les, et ajoutez ce qui matérialise la reprise, avec la date. L'historique doit rester lisible d'un bout à l'autre, avant et après l'opération.
Pensez aussi aux coordonnées du référent. Si la personne qui suivait les défibrillateurs n'est plus là, le nom inscrit sur l'armoire ou dans la déclaration ne mène nulle part.
Le piège d'une reprise est la dilution : chaque site pense que le siège s'en occupe, et le siège pense que chaque site s'en occupe. Désignez une personne qui détient la liste, l'échéancier et les contacts, et dont c'est écrit dans la fiche de poste.
Fixez ensuite une première date ferme. Pas la prochaine visite prévue au hasard des contrats, mais une échéance où tous les appareils auront été vus, par vous ou par un technicien, dans un délai raisonnable après la reprise. À partir de là, le parc est à vous, et vous savez dans quel état.
Aucune règle chiffrée ne l'impose pour ce cas précis, mais c'est la pratique la plus sûre. Tant que vous n'avez pas vu les appareils, vous ne pouvez pas garantir leur état. Une visite ou un audit de parc donne une base fiable et un point de départ daté.
Il doit rester consultable, car il porte l'historique des appareils. Conservez-le et poursuivez-le au nom du nouvel exploitant, en indiquant la date de reprise. Ne supprimez ni ne recopiez les anciennes mentions, pour que la continuité se lise.
Si l'exploitant ou le référent change, la déclaration doit refléter la situation réelle. Vérifiez, appareil par appareil, que les coordonnées et l'emplacement sont exacts. Une base qui désigne une entité disparue peut orienter les secours vers une mauvaise piste.
Oui, car il ne peut plus être rattaché à ses dossiers. Cherchez le numéro sur l'appareil, sa notice ou son emballage d'origine. Si rien n'est lisible, signalez-le au technicien lors de la visite pour qu'il identifie le modèle et consigne l'appareil.
Rien ne l'interdit. L'important est de connaître, pour chaque site, le prestataire, la date de la prochaine visite et ce que couvre le contrat. Si la dispersion rend le suivi confus, regrouper les sites chez un seul prestataire simplifie l'échéancier.
Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.