Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 26 septembre 2026.

Un rappel de sécurité sur un défibrillateur n'arrive jamais selon un calendrier prévisible, contrairement à la visite d'entretien ou au remplacement programmé d'un consommable. Le fabricant identifie un défaut sur une plage de numéros de série ou un lot précis, et attend une action de la part de chaque exploitant concerné, pas seulement un accusé de réception. Voici comment cette information vous parvient, comment savoir si votre parc est concerné, et ce qui doit rester tracé une fois l'action menée.
Un rappel de sécurité est déclenché par le fabricant ou son distributeur quand un défaut affecte la sécurité ou la performance d'une partie précise du parc en circulation : une plage de numéros de série d'un modèle d'appareil, ou un lot d'électrodes ou de batteries identifié par sa référence. Il ne suit aucun calendrier, contrairement à la visite annuelle, et il ne se limite pas non plus à un correctif logiciel installé lors du passage d'un technicien.
La notice qui l'accompagne, transmise par le fabricant, précise ce qui est concerné, le risque identifié, et l'action attendue : simple surveillance renforcée jusqu'à la prochaine intervention, remplacement du consommable, réparation de l'appareil, ou parfois retrait immédiat du service. Rien n'est standard, chaque rappel porte ses propres instructions.
Le fabricant ou son distributeur s'adresse en priorité aux exploitants qu'il peut identifier, souvent via le prestataire qui a enregistré vos appareils lors de leur installation ou de votre contrat de maintenance. Si vous en avez un, c'est généralement lui qui reçoit la notice en premier et la répercute vers les appareils concernés de votre parc.
Sans contrat, ou pour un appareil acheté et entretenu en interne, la notification dépend de votre enregistrement direct auprès du fabricant ou du revendeur. C'est une raison de plus pour tenir à jour les coordonnées associées à chaque appareil, au même titre que la déclaration sur Géo'DAE : une information de rappel qui n'arrive à personne ne sert à rien.
Une notice de rappel désigne rarement un modèle entier. Elle cite une plage de numéros de série pour un appareil, ou une référence de lot pour un jeu d'électrodes ou une batterie, imprimée sur l'emballage ou sur l'élément lui-même. Le nom commercial affiché sur le boîtier ne suffit donc pas à savoir si vous êtes concerné.
Ce rapprochement suppose de disposer d'un inventaire à jour, numéro de série par appareil, référence de lot par consommable posé. Sur un parc d'un seul site, quelques minutes suffisent. Sur un parc multisite, sans inventaire consolidé, c'est souvent à cette occasion qu'un établissement découvre qu'il ne sait plus précisément ce qu'il possède où.
L'instruction du fabricant se suit telle quelle, sans l'interpréter ni l'atténuer. Certains rappels demandent seulement de surveiller un symptôme précis jusqu'à la prochaine visite. D'autres imposent de mettre l'appareil ou le consommable hors service sur le champ, en attendant une réparation, un échange ou un correctif.
Retirer un appareil du service ne veut pas dire le laisser en place avec un mot manuscrit sur la porte de l'armoire. Cela veut dire le remplacer par un appareil de secours si le parc en prévoit un, documenter le retrait avec sa date et son motif, et prévenir les personnes qui savent où il se trouve habituellement, faute de quoi il continue d'être compté comme disponible.
La date de réception de la notice, l'appareil ou le lot concerné, et l'action effectivement menée se consignent dans le registre de sécurité, aux côtés des attestations de contrôle habituelles. C'est ce document qu'un contrôleur ou un assureur consulte le jour où il cherche à savoir si un rappel a été suivi d'effet, pas seulement reçu.
Si le rappel se solde par le remplacement d'un appareil, son nouveau numéro de série remplace l'ancien dans la déclaration Géo'DAE. Une base qui continue de porter un appareil retiré, ou qui ignore celui qui l'a remplacé, fausse l'information transmise aux secours au même titre qu'un déménagement non déclaré.
Un contrat de maintenance qui couvre la veille du parc inclut normalement le suivi des notices de sécurité publiées par les fabricants dont il pose les appareils : le rapprochement avec votre inventaire se fait alors sans que vous ayez à le demander. C'est un des points à vérifier avant de signer, au même titre que ce que couvre la garantie constructeur.
Sans ce suivi, la vigilance repose sur la personne qui gère le parc en interne, qui doit surveiller elle-même les canaux du fabricant ou du revendeur. Un rappel manqué pendant des mois n'est pas rare : il se découvre souvent au hasard d'une visite ou d'un audit, longtemps après la date de la notice.
Rarement. La notice cite en général une plage de numéros de série précise, ou une référence de lot pour un jeu d'électrodes ou une batterie, pas le nom commercial du modèle dans son ensemble. Deux appareils identiques en apparence, posés la même année, peuvent donc ne pas être concernés de la même façon.
Non, sauf si la notice le demande explicitement. Beaucoup de rappels se limitent à une surveillance renforcée ou à un remplacement de consommable lors de la prochaine intervention. Suivez l'instruction telle qu'elle est formulée, sans l'interpréter à la hausse ni à la baisse.
Contactez votre prestataire de maintenance s'il en existe un, ou le fabricant et le revendeur avec le numéro de série de l'appareil. L'absence de contact ne garantit rien : elle peut simplement signifier que vos coordonnées n'étaient pas associées à l'appareil au moment de l'envoi.
Non, les deux sont indépendants. Un rappel traite un défaut identifié sur un lot ou une série précise, tandis que la visite contrôle l'ensemble de l'appareil et de ses consommables, qu'un rappel ait été publié ou non. L'un ne dispense jamais de l'autre.
Contactez sans attendre le fabricant ou votre prestataire pour connaître l'action encore possible sur votre appareil. Consignez la date de découverte et le délai écoulé dans le registre de sécurité plutôt que de laisser disparaître l'écart : c'est ce document qu'un contrôleur ou un assureur lira le jour où il posera la question.
Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.