Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 6 octobre 2026.

Dans une salle polyvalente, le défibrillateur est accroché au mur depuis des années et tout le monde le connaît. C'est précisément le problème : le club de gym, la chorale, le comité des fêtes et les familles du week-end le croient surveillé par un autre. La commune, propriétaire des lieux, pense que les associations le voient chaque semaine. Voici comment faire en sorte que quelqu'un regarde vraiment.
Dans un bureau, le défibrillateur a un voisinage stable : quelqu'un finit par remarquer un voyant ou une armoire entrouverte. Dans une salle prêtée, les occupants changent d'un soir à l'autre et chacun n'y reste que quelques heures. Personne ne passe assez de temps devant l'appareil pour s'apercevoir qu'il a changé.
Le résultat est connu des gestionnaires de salles : l'appareil reste en place, l'autotest continue de clignoter, et rien ne prouve que quelqu'un l'ait regardé depuis la dernière visite. Un défibrillateur sans témoin vivant n'est pas forcément défaillant, mais on ne sait plus s'il l'est.
L'obligation de maintenance de l'article R. 5212-25 du Code de la santé publique pèse sur l'exploitant. Pour une salle communale, c'est en général la collectivité qui la met à disposition. Les associations qui l'utilisent ne deviennent pas exploitantes parce qu'elles ont signé une convention de prêt.
En pratique, cela veut dire qu'un agent ou un élu doit porter la tâche, avec un nom écrit quelque part. La mention « le service technique » ne suffit pas : quand le service change de composition, la tâche disparaît avec la personne qui s'en occupait sans l'avoir écrit. Le référent doit pouvoir être joint, et les associations doivent savoir qui il est.
Rien n'interdit d'ajouter quelques lignes à la convention d'occupation. Elles ne transfèrent pas la responsabilité de la commune, elles organisent le signalement. L'association s'engage à prévenir le référent si l'armoire est ouverte, si l'appareil a été déplacé, si le témoin d'autotest n'est plus celui des jours précédents, ou si le défibrillateur a servi.
Cette demande est légère et réaliste. On ne demande pas à un bénévole de contrôler une date de péremption, on lui demande de regarder deux choses évidentes à l'entrée et à la sortie : l'appareil est-il là, le témoin est-il normal. Le geste prend dix secondes et s'attache naturellement à l'état des lieux de la salle.
Beaucoup de salles tiennent déjà un état des lieux pour les clés, les tables et le chauffage. Ajouter une ligne pour le défibrillateur ne coûte rien : présent, armoire fermée, témoin normal, date de la dernière visite lisible sur l'étiquette. Cette ligne devient une trace datée, utile le jour où l'on cherche à savoir depuis quand une anomalie existait.
Pour les locations ponctuelles à des particuliers, la même ligne peut figurer sur la fiche remise avec les clés. Le particulier n'a aucune obligation de maintenance, mais il sait où se trouve l'appareil et à qui signaler un problème. Ce renseignement lui sert aussi à agir vite en cas d'urgence.
Le défibrillateur doit rester accessible quand la salle est ouverte, y compris pour quelqu'un qui n'a jamais mis les pieds dans les lieux. Le panneau doit se lire depuis l'entrée, pas depuis le fond de la scène, et l'appareil ne doit pas disparaître derrière un rideau, un rangement de chaises ou le matériel d'une association.
Quand la salle est fermée à clé en dehors des créneaux, la question se pose autrement : l'appareil est inaccessible à la rue. Ce choix relève de la collectivité, avec ses contraintes de vandalisme et de vol. L'important est que l'information soit cohérente : la déclaration Géo'DAE doit décrire les horaires réels d'accès, pas ceux qu'on souhaiterait.
La visite annuelle reste le moment où l'on contrôle ce que personne ne voit : les dates des électrodes et de la batterie, le journal des autotests, l'état de l'appareil. Pour une salle prêtée, elle sert aussi de point de repère : après la visite, le référent sait que l'appareil était en ordre à une date précise.
Faire coïncider la visite avec une période creuse du calendrier des salles, vacances ou intersaison, évite d'immobiliser l'appareil pendant une réservation. Le référent peut aussi profiter du passage du technicien pour vérifier que l'étiquette, la signalétique et la fiche de signalement sont toujours à jour.
Pas du seul fait d'utiliser les lieux. L'obligation de maintenance pèse sur l'exploitant, en général la collectivité ou le propriétaire qui met la salle à disposition. Une convention peut en revanche demander à l'association de signaler toute anomalie constatée, sans lui confier la maintenance.
Quelques constats simples : l'appareil est présent, l'armoire est fermée, le témoin d'autotest est normal, l'étiquette de dernière visite est lisible. L'état des lieux ne remplace pas la visite annuelle, il laisse une trace datée entre deux contrôles et indique à qui signaler un problème.
On peut le lui montrer, mais mieux vaut ne pas en faire une obligation de la convention. La lecture des dates et le contrôle des consommables relèvent de la visite d'entretien. Au bénévole, on demande de signaler ce qui se voit sans outil : appareil absent, armoire ouverte, témoin différent, usage récent.
Prévenir aussitôt le référent désigné par la commune, qui doit faire remplacer les consommables utilisés avant la remise en service. L'association ne doit pas ranger l'appareil comme si de rien n'était. Un appareil qui a servi n'est plus à considérer comme prêt, tant qu'il n'a pas été contrôlé.
C'est un choix de la collectivité, qui pèse l'accès permanent contre le risque de vol ou de dégradation. L'essentiel est de déclarer dans Géo'DAE les horaires d'accès réels, pour que les secours ne soient pas orientés vers un appareil inaccessible à l'heure de l'appel.
Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.