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La visite tous les ans : ce que la loi impose, ce que le fabricant recommande

Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 13 septembre 2026.

Presque tous les contrats de maintenance de défibrillateur parlent d'une visite par an, au point que ce rythme passe pour une règle gravée dans un texte. Ce n'est pas tout à fait ce que dit l'article R. 5212-25 du Code de la santé publique, et la nuance a des conséquences très concrètes le jour où l'on envisage d'espacer les visites, ou de les rapprocher.

Ce que dit exactement le texte

L'article R. 5212-25 du Code de la santé publique met la maintenance d'un dispositif médical à la charge de l'exploitant, et précise que ces opérations doivent être réalisées dans les conditions prévues par le fabricant. Il ne fixe aucune durée, aucun nombre de mois, aucun rythme chiffré applicable à tous les appareils.

Ce que le texte impose est une obligation de résultat encadrée par un renvoi : suivre ce que le fabricant a défini pour son propre appareil. La loi désigne qui doit s'assurer que l'entretien a lieu, elle ne dit pas elle-même tous les combien de temps il doit avoir lieu.

Cette construction n'a rien d'exceptionnel : elle est courante pour les dispositifs médicaux, dont les conditions d'entretien varient trop d'un modèle à l'autre pour qu'un seul chiffre réglementaire puisse s'appliquer à tous sans distinction.

Le fabricant, pas le législateur, fixe le rythme

C'est la notice d'utilisation et de maintenance de l'appareil qui indique la périodicité des vérifications à respecter. Ce document accompagne le défibrillateur depuis son installation, et c'est lui qui fait autorité en cas de contrôle, pas une habitude de branche ou un usage supposé.

Dans la pratique, une large majorité des fabricants retiennent un contrôle annuel, ce qui explique pourquoi ce rythme s'est imposé comme une évidence dans les contrats de maintenance. Mais il s'agit d'une convention professionnelle largement partagée, pas d'un chiffre inscrit dans le Code de la santé publique.

Rien n'empêche qu'un modèle particulier prévoie un rythme différent selon sa conception, sa consommation de batterie en veille, ou la fréquence de mise à jour de son logiciel interne. Le seul moyen de le savoir reste de lire ce que ce modèle précis prévoit, et non ce que prévoit le modèle voisin.

Pourquoi la distinction n'est pas seulement théorique

Un exploitant qui pense suivre une obligation légale de douze mois pourrait être tenté de la considérer comme une case à cocher, indépendamment de ce que dit réellement l'appareil qu'il possède. Or deux modèles installés dans le même bâtiment peuvent avoir des préconisations différentes selon leur fabricant.

À l'inverse, espacer les visites sous prétexte qu'aucun article de loi ne cite le mot annuel revient à ignorer un document qui, lui, s'impose : la notice technique. Le renvoi que fait R. 5212-25 vers les conditions du fabricant a la même force qu'un chiffre écrit noir sur blanc dans le texte lui-même.

La confusion joue aussi dans l'autre sens. Un exploitant convaincu que la loi impose exactement un an peut refuser une visite anticipée que le prestataire propose après une anomalie mineure, en estimant que rien ne l'y oblige avant l'échéance calendaire. Le texte n'interdit jamais de resserrer le rythme, il fixe seulement un plancher.

Où trouver cette information pour votre appareil

La notice remise à l'installation porte la périodicité recommandée, en général dans un chapitre consacré à la maintenance. Un exploitant qui ne la retrouve plus peut la demander au fabricant ou au prestataire qui a posé l'appareil, en communiquant la marque et le modèle inscrits sur le boîtier.

L'attestation de contrôle délivrée après chaque visite porte elle aussi la date de la prochaine échéance. C'est ce document, plutôt qu'un souvenir de la fréquence habituelle, qui doit servir de référence pour caler le rendez-vous suivant.

Une préconisation qui peut évoluer

Un fabricant peut réviser la périodicité qu'il recommande, par exemple après avoir constaté qu'une pièce s'use différemment de ce qui était prévu à la conception, ou en accompagnement d'une mise à jour du logiciel interne. Cette révision prend la forme d'une notice modifiée ou d'un bulletin technique, et elle remplace l'indication initiale à compter de sa publication.

Le prestataire de maintenance est en général le premier informé de ce type de révision, parce qu'il suit les publications du fabricant pour l'ensemble des appareils qu'il entretient. C'est une raison de plus pour laisser un professionnel tenir l'échéancier plutôt que de le fixer une fois pour toutes à l'installation et de ne plus y revenir.

Ce qu'un contrôleur regarde sur ce point

Une commission de sécurité ne vérifie pas que la visite a eu lieu exactement à la date anniversaire de la précédente. Elle vérifie qu'un rapport existe, qu'il est signé et daté, et que l'écart entre deux visites reste cohérent avec ce que prévoit l'appareil.

Un intervalle qui s'allonge d'année en année, même sans dépasser franchement les douze mois, finit par attirer l'attention, parce qu'il traduit un entretien qui glisse plutôt qu'un entretien qui suit un plan établi à l'avance.

Questions fréquentes

La visite annuelle est-elle inscrite dans la loi ?

Non. L'article R. 5212-25 du Code de la santé publique impose l'entretien selon les conditions du fabricant, sans fixer de durée chiffrée. C'est la notice de l'appareil qui définit la périodicité à respecter, et le rythme annuel s'est généralisé parce que la plupart des fabricants le retiennent, pas parce qu'un texte l'impose mot pour mot.

Puis-je espacer les visites si mon appareil semble fonctionner sans problème ?

Non, pas sur cette seule base. L'autotest quotidien ne vérifie ni les dates de péremption des consommables ni l'énergie réellement délivrée au choc. Un appareil qui clignote vert peut très bien avoir dépassé la périodicité prévue par son fabricant sans que rien ne le signale visuellement.

Que faire si je ne retrouve plus la notice de mon défibrillateur ?

Le prestataire qui assure l'entretien peut identifier la périodicité applicable à partir de la marque et du modèle inscrits sur le boîtier, et la reporter dans le dossier de l'appareil. Le fabricant peut aussi la fournir directement si vous le contactez avec le numéro de série.

Deux appareils du même parc peuvent-ils avoir des périodicités différentes ?

Oui, si leurs fabricants ne préconisent pas exactement le même rythme. Un échéancier tenu appareil par appareil, plutôt qu'une date unique appliquée à tout le parc, évite de caler un appareil sur la périodicité d'un autre par simplification.

Un contrat de maintenance peut-il prévoir une fréquence différente de celle du fabricant ?

Un contrat peut prévoir des visites plus rapprochées, ce qui reste toujours possible. Il ne peut pas fonder une périodicité plus large que celle indiquée par le fabricant, puisque l'obligation légale renvoie précisément à ces conditions, quel que soit ce qu'énonce le contrat par ailleurs.

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