Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 12 octobre 2026.

L'attestation affiche une échéance qui date de plusieurs mois, parfois de plus d'un an. Personne n'a relancé, le contrat a changé de main, le référent est parti. L'appareil clignote toujours en vert, ce qui rassure à tort. Rattraper ce retard ne demande pas de tout reprendre à zéro, mais de procéder dans un ordre précis et de laisser une trace honnête de ce qui s'est passé.
La première étape consiste à relever la date exacte de la dernière visite sur l'attestation ou dans le registre de sécurité, puis à calculer l'écart avec la périodicité prévue par le fabricant pour ce modèle. Ce chiffre est le point de départ de tout le reste, et il ne doit être ni arrondi ni adouci.
Il est tentant de reculer la date de l'échéance pour que le registre paraisse continu. Ne le faites pas. Un registre qui montre un intervalle trop long suivi d'une visite de rattrapage se défend très bien. Un registre retouché, lui, ne se défend plus du tout le jour où quelqu'un compare avec le rapport du technicien.
Pendant ce temps, deux choses ont continué de courir sans bruit. Les dates de péremption des électrodes et de la batterie n'ont pas attendu la visite, et elles ont peut-être été franchies. L'autotest ne les surveille pas, c'est l'un de ses angles morts.
L'état de l'environnement a aussi pu changer : armoire déplacée, signalétique décollée, accès encombré, alarme d'armoire à pile épuisée. Rien de tout cela ne se lit dans le voyant de l'appareil. C'est la raison pour laquelle une visite de rattrapage doit rester une vraie visite, avec les mêmes contrôles qu'à l'ordinaire, et non un simple passage pour signer une feuille.
Relevez sur l'appareil la date imprimée sur le sachet d'électrodes et celle de la batterie, et comparez-les à la date du jour. Si l'une est dépassée, n'attendez pas la visite pour commander le remplacement : le délai de livraison est du temps pendant lequel l'appareil reste incomplet.
Regardez ensuite le témoin de l'appareil, notez son état, et si le modèle garde un journal des autotests, demandez qu'il soit lu pendant la visite. Une série d'alarmes passées inaperçues explique parfois la baisse de la batterie bien mieux qu'une usure normale.
Prévenez enfin la personne qui tient le registre : elle aura besoin de deux dates, celle du retard constaté et celle de la remise à jour, pas d'une seule.
Si le contrat de maintenance a lui-même pris fin, retrouvez-le ou refaites-le avant la visite, afin que le rapport soit rattaché à un prestataire identifié.
La visite de rattrapage suit le déroulé normal : dates des consommables, test de charge, lecture du journal, mise à jour du logiciel interne si le fabricant en a publié une, contrôle du boîtier et des connecteurs, puis de l'emplacement et de la signalétique. Le service de maintenance préventive de MaintenanceDAE ajoute à cela la mesure de l'énergie réellement délivrée au choc, que l'autotest ne vérifie pas.
Si le retard est ancien, il vaut mieux traiter dans la même intervention tous les appareils du site, plutôt que de ne rattraper que celui qui a été signalé. Un parc qui a laissé filer une échéance en a souvent laissé filer plusieurs.
Le rapport d'intervention et l'attestation de contrôle portent la date réelle de la visite. Le registre de sécurité doit en faire état, avec une mention simple de l'écart constaté et de ce qui a été remplacé. Pas besoin de justification longue : une phrase claire suffit.
Vérifiez aussi la fiche Géo'DAE. Si un consommable a été changé ou si l'appareil a bougé pendant la période, la déclaration n'est peut-être plus exacte, et la mise à jour fait partie du rattrapage au même titre que la visite.
Fixez enfin la prochaine échéance à partir de la date de cette visite, pas de l'ancienne. Le calendrier repart de la visite réellement faite.
Un retard a presque toujours une cause identifiable : un contrat qui n'a pas été reconduit, un référent sans remplaçant, une échéance notée à un seul endroit. Notez cette cause dans le dossier, car c'est elle qu'il faut corriger, bien plus que la date.
Pour un parc de plusieurs sites, l'audit de parc donne une photographie de l'ensemble et fait apparaître d'autres écarts du même genre. Il permet de repartir sur un échéancier unique, appareil par appareil.
L'article R. 5212-25 du Code de la santé publique met la maintenance à la charge de l'exploitant, selon les conditions du fabricant. Un retard n'a pas de barème automatique, mais il s'apprécie lors d'un contrôle ou après un incident. Mieux vaut le corriger vite et en garder la trace écrite.
Non, pas du seul fait du retard. Ce qui compte est la date de péremption imprimée sur les électrodes et sur la batterie. Si elle n'est pas atteinte, ils restent valables. Le retard impose surtout de vérifier ces dates sans attendre, puisque l'autotest ne les surveille pas.
Non. Le registre doit refléter ce qui s'est réellement passé. Ajoutez plutôt la visite de rattrapage avec sa vraie date et une courte mention de l'écart. Un retard documenté se défend, une date retouchée ne résiste pas à la comparaison avec le rapport du technicien.
Une visite complète. Pendant un long intervalle, l'appareil, l'armoire et la signalétique ont pu changer sans que rien ne s'affiche. Un simple relevé des dates laisserait de côté la mesure du choc, le journal des autotests et l'état de l'emplacement.
À partir de la visite de rattrapage, pas de l'ancienne échéance. La périodicité reste celle indiquée par le fabricant pour votre modèle, et l'attestation remise après la visite porte la nouvelle date à reporter dans le registre.
Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.