Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 7 août 2026.

Un défibrillateur ne tombe presque jamais en panne. Il se périme, ce qui ne produit aucun bruit, aucune alarme et aucun changement visible. Le témoin continue de clignoter vert parce que l'autotest fait exactement ce pour quoi il a été conçu, et rien de plus. Comprendre où s'arrête ce contrôle automatique, c'est comprendre pourquoi la loi met l'entretien à la charge de celui qui exploite l'appareil.
Tous les défibrillateurs automatisés externes du marché exécutent un autotest à intervalle régulier, le plus souvent quotidien, parfois hebdomadaire ou mensuel selon la profondeur du test. L'appareil se réveille seul, sans que personne intervienne, et vérifie son électronique interne : le circuit de charge du condensateur, la mémoire, le logiciel, le haut-parleur, et le niveau de charge restant de sa batterie.
La plupart des modèles vérifient aussi que des électrodes sont bien connectées au connecteur, et que le circuit qui les relie n'est pas coupé. C'est déjà beaucoup, et c'est ce qui permet à un appareil de rester des années au mur sans surveillance humaine quotidienne.
Le résultat de ce test s'affiche par un témoin lumineux, un symbole sur un écran, ou une combinaison des deux selon le fabricant. Vert, ou une coche, signifie que tout ce qui a été testé est conforme. La nuance tient dans ces trois derniers mots.
Les électrodes sont des consommables. Elles contiennent un gel conducteur scellé sous un film, et ce gel sèche avec le temps, que l'appareil serve ou non. Une électrode sèche adhère mal, conduit mal, et le choc qu'elle est censée transmettre peut ne pas atteindre le cœur avec l'énergie prévue.
Cette date de péremption est imprimée sur l'emballage. Sur la grande majorité des modèles, l'autotest ne la lit pas : il constate qu'un jeu d'électrodes est branché, pas qu'il est encore valable. Une paire périmée depuis dix-huit mois passe donc le test tous les jours, sans provoquer la moindre alerte.
Selon les modèles et les marques, comptez deux à cinq ans de durée de vie pour un jeu d'électrodes non ouvert. Cette fourchette est large parce qu'elle dépend du fabricant, du type d'électrode et des conditions de stockage. La seule valeur qui compte est celle imprimée sur votre emballage, pas la moyenne.
L'autotest mesure la charge disponible dans la batterie. C'est une information utile, mais partielle : une batterie peut annoncer une charge correcte tout en ayant perdu la capacité de délivrer d'un coup l'intensité qu'un choc réclame. La chimie d'une batterie au lithium vieillit même sans usage.
Comme pour les électrodes, la date figure sur l'élément, pas dans le résultat du test. Comptez quatre à sept ans selon les modèles. Un appareil qui a servi une fois, même sans que le choc soit délivré, a consommé beaucoup plus qu'une année de veille : le compteur repart de zéro après un usage réel.
Un point qui échappe souvent : la température. Une armoire extérieure non chauffée, un local technique surchauffé l'été, un hall d'entrée exposé plein sud raccourcissent la vie d'une batterie sans que rien ne le signale.
Un autotest se prononce sur une machine, pas sur une situation. Il ignore qu'un carton a été empilé devant l'armoire, que la signalétique murale est tombée, que le boîtier a été déplacé lors de travaux, ou que la vitrine a été forcée. Il ignore également que la personne formée qui savait où l'appareil se trouve a quitté l'entreprise.
Il ignore enfin ce qui se joue en dehors du bâtiment. La base nationale Géo'DAE recense les défibrillateurs accessibles au public et alimente les applications d'alerte des secours. Si votre appareil y figure à une adresse qu'il a quittée, ou n'y figure plus alors qu'il est toujours en place, l'information partie vers le SAMU est fausse. Aucun autotest ne le sait.
C'est le cas de figure le plus courant lors d'une première visite : un appareil en bon état, correctement fixé, témoin au vert, et hors service depuis des mois sans que personne dans l'établissement le soupçonne.
Un défibrillateur est un dispositif médical. L'article R. 5212-25 du Code de la santé publique met sa maintenance à la charge de l'exploitant, c'est-à-dire de l'établissement qui l'a installé. Ni le fabricant, ni le vendeur, ni l'installateur ne portent cette obligation à votre place.
Rien n'oblige à passer par un prestataire. Relever les dates de péremption, commander les consommables avant l'échéance, les poser, mettre à jour la déclaration et tenir le registre : tout cela se fait en interne, à condition que quelqu'un s'en charge et que cette personne ait un successeur désigné.
Ce que le contrat d'entretien apporte, c'est de ne plus y penser, et de disposer d'une attestation écrite le jour où quelqu'un la demande. Une attestation datée, apposée sur l'appareil et versée au registre de sécurité, répond à une question à laquelle un témoin vert ne répond pas : qui a vérifié, quand, et quoi.
Le témoin vert signifie que l'électronique et la charge de la batterie sont conformes. Il ne dit rien de la date de péremption des électrodes, qui est imprimée sur leur emballage et que l'autotest ne lit pas sur la plupart des modèles. Un appareil au vert peut avoir des électrodes périmées depuis plus d'un an.
Un contrôle visuel mensuel de l'appareil, de son témoin et de son accessibilité constitue une pratique courante, sans être une obligation chiffrée. Le point qui compte réellement est de tenir un relevé des dates de péremption des consommables, puisque ce sont elles qui rendent l'appareil inopérant en silence.
Un bip récurrent signale un autotest en échec. Vérifiez d'abord que les électrodes sont connectées et que la batterie est correctement enclenchée, puis relevez le code affiché sur l'écran ou le nombre de bips, qui figure dans la notice du fabricant. Un appareil qui alarme ne doit pas être laissé au mur en l'état.
Oui. Des électrodes posées sur une peau sont contaminées et leur gel a commencé à sécher à l'air, que le choc ait été délivré ou non. Elles se remplacent systématiquement, et la batterie se contrôle dans la foulée : une tentative de réanimation consomme bien davantage qu'une année de veille.
L'exploitant de l'appareil, c'est-à-dire l'établissement qui le détient. La déclaration doit être mise à jour quand l'appareil change d'emplacement, quand ses horaires d'accès changent, ou quand il est retiré. Une base fausse envoie les secours et les témoins vers un appareil qui n'est plus là.
Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.