Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 19 août 2026.

L'article R. 5212-25 du Code de la santé publique met la maintenance à la charge de l'exploitant, sans lui remettre une liste de gestes. Certains se font à l'œil, sans outil ni formation particulière. D'autres demandent un instrument que personne ne garde dans un tiroir de bureau. Voici où passe la limite, et pourquoi la franchir ne rend pas service à l'appareil.
Le Code de la santé publique nomme l'exploitant, c'est-à-dire l'établissement qui a installé l'appareil et reçoit du public ou des salariés à cette adresse. Il ne détaille pas qui, dans cet établissement, doit lire une date ou déclencher un appel. Cette liberté est aussi une charge : à l'exploitant de décider ce qu'il garde en interne et ce qu'il confie, tant que l'ensemble est fait.
Cette absence de détail explique pourquoi deux établissements de taille comparable organisent la chose différemment. L'un confie tout à un prestataire, y compris la lecture du voyant. L'autre garde en interne tout ce qui ne demande pas d'instrument, et n'externalise que la visite annuelle. Les deux respectent le texte, à condition que rien ne tombe entre les deux.
Regarder le voyant de l'appareil ne demande ni outil ni formation : un point vert signifie que l'autotest quotidien a réussi, un point rouge ou une alarme sonore signale un défaut que l'appareil a détecté seul. Ce contrôle prend quelques secondes et ne remplace rien, mais son absence retarde la découverte d'une panne de plusieurs semaines.
Vérifier que l'armoire reste dégagée, que la signalétique est en place et que l'appareil se voit depuis les circulations relève de la même logique : aucune compétence technique, seulement de l'attention régulière. Un carton posé devant l'armoire ou un panneau tombé n'apparaît sur aucun rapport tant que personne ne le signale.
Lire la date imprimée sur le sachet des électrodes et sur la cellule de la batterie ne demande pas non plus d'instrument, juste de savoir où regarder. Un sachet ouvert ou décollé est périmé quelle que soit la date affichée, et ce constat se fait à l'œil autant qu'un contrôle professionnel.
Un test de charge dit que l'appareil se charge, pas qu'il délivre l'énergie annoncée par le constructeur. Le vérifier demande un analyseur qui reçoit le choc à la place d'un patient et lit la valeur en joules, un équipement que ni un établissement ni la plupart des prestataires ne possèdent. C'est pourtant le seul contrôle qui teste la fonction pour laquelle l'appareil existe.
La mise à jour du logiciel interne, quand le constructeur en publie une, suit la même logique : elle corrige parfois un défaut de mesure ou d'analyse du rythme cardiaque qu'aucun autotest ne signale de lui-même. L'ouverture du boîtier pour contrôler les connecteurs et l'état intérieur entre également dans ce périmètre, réservé à un technicien formé sur le modèle concerné.
Signer un contrat de maintenance transfère l'exécution du geste technique, pas la qualité d'exploitant au sens du texte. L'établissement reste celui qui doit s'assurer que le contrat existe, qu'il est honoré à l'échéance prévue, et que le rapport qui en sort est classé quelque part où on saura le retrouver le jour d'un contrôle.
Un prestataire qui ne se présente pas à l'échéance, ou qui livre un rapport sans en informer personne sur site, laisse un appareil non contrôlé sans que la responsabilité de l'exploitant s'en trouve allégée. La vigilance sur les dates de passage reste donc une tâche interne, même quand tout le reste est externalisé.
Remplacer les électrodes et la batterie à l'échéance ou après un usage relève d'un geste simple, décrit par le fabricant sur l'emballage du consommable. Ouvrir le boîtier pour intervenir sur un composant interne, en revanche, sort de ce qu'un établissement doit tenter, même avec de bonnes intentions et un tournevis adapté.
Un appareil ouvert par une personne non habilitée perd la garantie du fabricant et, plus grave, peut délivrer une énergie faussée sans qu'aucun voyant ne l'indique. Le doute sur un bruit inhabituel, une trace d'humidité dans l'armoire ou un choc reçu par l'appareil se signale au prestataire, il ne se diagnostique pas sur place.
Dans un établissement à plusieurs services, la vérification hebdomadaire du voyant retombe souvent sur celui qui passe le plus près de l'armoire, sans mandat écrit. Le jour où cette personne change de poste, le contrôle s'arrête sans que personne ne le décide. Nommer un référent par site et consigner cette répartition dans le registre de sécurité évite cette perte silencieuse.
La même règle vaut pour la relation avec le prestataire : un nom, une adresse mail et un numéro suffisent, à condition qu'ils figurent quelque part d'accessible et pas seulement dans la mémoire de la personne qui a signé le contrat.
Les contrôles visuels et le remplacement des consommables à l'échéance, oui. La mesure de l'énergie délivrée au choc demande un analyseur que la plupart des établissements ne possèdent pas, et la mise à jour du logiciel interne suit une procédure propre à chaque constructeur. En pratique, la visite annuelle reste confiée à un professionnel équipé.
La perte de la garantie du fabricant, et un risque plus sérieux : un contact déplacé ou un composant mal remis en place peut fausser l'énergie délivrée sans qu'aucun autotest ne le détecte. L'appareil continuera de clignoter au vert tout en ne fonctionnant plus comme prévu.
Non. Il exécute la tâche technique confiée, mais l'article R. 5212-25 du Code de la santé publique désigne l'exploitant, pas le prestataire. L'établissement reste celui qui doit vérifier que les visites ont bien lieu et que les rapports sont conservés.
Le texte ne le précise pas, ce qui laisse le choix à l'établissement. Ce qui compte est de nommer une personne ou un poste identifié, et de consigner ce choix, plutôt que de laisser le contrôle reposer sur qui passe le plus souvent devant l'armoire.
Isoler l'appareil et noter ce que le voyant indique se fait sur place, sans ouvrir le boîtier. Le diagnostic et la remise en état reviennent ensuite au technicien, à prévenir dès que l'alarme est constatée plutôt qu'à la prochaine visite programmée.
Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.