Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 29 octobre 2026.

Le remplacement d'un défibrillateur se prépare côté matériel : commande, pose, déclaration. Reste un point que l'on oublie souvent. Les personnes formées l'ont été sur l'ancien modèle, celui qu'elles avaient vu au mur pendant des années. Si le nouveau n'a ni la même poignée, ni la même voix, ni le même bouton, leur savoir est en partie périmé, sans que personne ne l'ait remarqué.
Une formation à l'utilisation d'un défibrillateur transmet deux choses mêlées. D'une part des gestes valables pour tous les appareils : alerter, masser, poser les électrodes sur une peau sèche, ne pas toucher la victime pendant l'analyse. D'autre part des repères propres à l'appareil manipulé pendant la séance : comment on l'ouvre, où est le bouton de marche, quelle voix annonce quoi.
Avec le temps, les deux se confondent dans la mémoire. Ceux qui ont suivi la session disent « je sais m'en servir », et c'est exact pour le premier ensemble. Pour le second, ils décrivent un appareil qui n'est plus sur le mur.
Tous les modèles guident l'utilisateur à la voix, et c'est ce qui permet à quelqu'un de non formé d'agir. Mais certaines différences se jouent sous stress. L'ouverture : un couvercle à soulever, une poignée à tirer, un sachet à déchirer. La mise en marche : un bouton à presser, ou un appareil qui démarre à l'ouverture du couvercle. Le choc : un appareil semi-automatique demande d'appuyer sur un bouton, un appareil entièrement automatique le délivre seul après avertissement.
Ce dernier point mérite d'être dit à voix haute lors de la reprise en main. Quelqu'un qui a appris à chercher le bouton de choc peut hésiter devant un appareil qui n'en a pas, et inversement. Les électrodes changent aussi de présentation, et leur emplacement dans l'appareil ou sous le couvercle n'est pas le même d'un modèle à l'autre.
Il n'est pas toujours nécessaire de reprendre toute la session. Pour une équipe déjà formée, une séance courte centrée sur le nouvel appareil suffit souvent : l'ouvrir, le mettre en marche, poser les électrodes sur un mannequin, entendre ses consignes, repérer ce qu'il demande à l'utilisateur. Chacun doit l'avoir eu en main au moins une fois.
Cette reprise n'est pas une obligation écrite dans un texte précis, c'est une pratique de bon sens. Elle devient d'autant plus utile que l'équipe est nombreuse, que les formations sont anciennes ou que les personnes présentes changent. Le site propose une formation à l'utilisation, sur un appareil de formation et dans vos locaux, qui peut être calée sur le moment du remplacement.
La liste des personnes à remettre à niveau ne se limite pas aux secouristes désignés. Il y a l'accueil, les agents de sécurité, les équipes de nuit ou du week-end, les remplaçants, parfois un prestataire de nettoyage qui ouvre le bâtiment le matin. Ce sont souvent eux qui se trouvent là quand l'alerte survient.
Une façon simple de s'y retrouver consiste à reprendre la liste des personnes formées, telle qu'elle figure dans le registre de sécurité, et à la confronter aux équipes réellement présentes. Les formations sont d'ailleurs l'un des éléments que le registre consigne. Noter la reprise en main du nouveau modèle, avec la date et les noms, évite de devoir la reconstituer plus tard.
Entre le jour de la pose et la séance, l'ancien et le nouveau appareil coexistent dans les têtes. Pendant ces semaines, quelqu'un qui décroche l'appareil fait face à une machine qu'il ne connaît pas. L'idéal est de caler la reprise en main le jour même de l'installation, ou dans les jours qui suivent, quand le technicien est encore sur place.
Si ce n'est pas possible, une information courte à toute l'équipe aide : le modèle a changé, voici à quoi il ressemble, voici où il est. La voix de l'appareil fait le reste, mais mieux vaut qu'elle n'ait pas à tout expliquer. Un audit de parc permet par ailleurs de repérer, sur plusieurs sites, ceux où les appareils ont changé sans que personne n'ait été reformé.
Un nouveau modèle apporte avec lui de nouveaux consommables : les électrodes et la batterie de l'ancien appareil ne vont pas sur le suivant. Il faut donc relancer le suivi des dates de péremption sur la base de ce qui a été réellement livré, et consigner la référence exacte. Le remplacement des électrodes et des batteries se suit désormais selon le calendrier du nouvel appareil.
Le même raisonnement vaut pour la déclaration Géo'DAE, le numéro de série et l'étiquette sur l'armoire. La formation s'ajoute à cette liste : c'est la seule ligne qui concerne des personnes, et non du matériel.
Pas forcément. Les gestes de réanimation restent les mêmes. Une reprise en main courte sur le nouvel appareil suffit souvent : ouverture, mise en marche, pose des électrodes, consignes vocales. Si les formations sont anciennes, une session complète est préférable.
Presque. Les électrodes se posent de la même façon, mais le semi-automatique demande d'appuyer sur un bouton pour délivrer le choc, alors que l'entièrement automatique le délivre seul après avertissement. Il faut le dire clairement aux personnes formées sur l'autre type.
Les personnes les plus susceptibles d'être présentes lors d'une alerte : accueil, sécurité, équipes de nuit et de week-end, référents. Comparez la liste des personnes formées du registre avec les équipes réellement présentes sur le site.
Dans le registre de sécurité, qui consigne les formations du personnel, avec la date, le modèle concerné et les noms des participants. Cette trace évite de la reconstituer au moment où un contrôleur la demande.
Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.