Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 10 août 2026.

Un défibrillateur qui clignote au vert peut avoir des électrodes périmées depuis deux ans. Le voyant dit que l'électronique répond, rien de plus. La seule information qui compte pour savoir si l'appareil est utilisable est imprimée ailleurs, sur un sachet et sur une cellule, et personne ne va la chercher tant qu'on n'a pas montré où elle se trouve. Voici où regarder, et ce qu'on lit.
C'est le point qui surprend le plus les exploitants. Un défibrillateur automatisé externe se teste seul chaque jour, vérifie ses circuits, sa capacité de charge et la présence de ses électrodes. Il ne connaît pas leur date de péremption, parce que rien ne la lui transmet : un sachet scellé n'a pas de puce, et la plupart des batteries ne renvoient qu'un niveau de charge.
Un appareil dont les consommables ont expiré continue donc de clignoter exactement comme les autres. Il n'y a pas d'alarme, pas de changement de couleur, pas de message. Le jour où la question se pose, c'est-à-dire le jour où quelqu'un décroche l'appareil, personne ne regarde une date.
Le suivi des dates est donc une tâche d'exploitant, pas une fonction de l'appareil. Elle se tient sur un tableau ou dans un échéancier, et elle commence par un relevé.
Les électrodes arrivent dans un sachet en aluminium scellé, glissé dans le boîtier ou clipsé à l'arrière selon les modèles. La date est imprimée sur ce sachet, le plus souvent au dos, à côté d'un pictogramme de sablier ou de la mention d'un lot. Elle se lit en mois et en année : un sachet marqué 2027-04 cesse d'être utilisable à la fin du mois d'avril 2027.
Il faut sortir le sachet pour la lire, ce qui est sans risque tant qu'on ne l'ouvre pas. Un sachet dont l'aluminium est décollé, percé ou gonflé est hors service quelle que soit la date : le gel conducteur des électrodes sèche à l'air, et une électrode sèche ne conduit pas le choc.
Les électrodes pédiatriques posent un problème particulier parce qu'elles servent rarement. Elles se périment sans avoir jamais été utilisées, et se remplacent au même rythme que les électrodes adultes. Un parc où l'on a suivi les unes et oublié les autres est un cas courant.
La batterie porte deux indications qu'on confond souvent : une date de fabrication et une date de fin de vie, ou parfois une seule date accompagnée d'une durée. Elle est imprimée sur la cellule elle-même, ce qui oblige à la sortir de son logement.
Le niveau de charge affiché par l'appareil ne remplace pas cette date. Une batterie peut être à quatre-vingt-dix pour cent de charge et arriver au terme de sa durée de vie annoncée : la chimie vieillit même sans être sollicitée, et sa capacité à délivrer d'un coup l'énergie d'un choc se dégrade plus vite que son niveau apparent.
L'autotest quotidien consomme, lui aussi. C'est un prélèvement minime, mais il court sur toute la durée de vie de l'appareil et il explique qu'une batterie posée en réserve tienne plus longtemps que la même restée dans un appareil en service.
Les fourchettes annoncées par les constructeurs supposent des conditions de stockage normales. Trois situations les réduisent nettement.
Le froid et la chaleur d'abord. Une armoire extérieure non chauffée, un local technique sous toiture, un véhicule : les températures extrêmes abrègent la vie d'une batterie et durcissent le gel des électrodes. C'est la raison pour laquelle les armoires d'extérieur sont chauffées et pourquoi leur alimentation compte autant que leur serrure.
L'usage ensuite. Un appareil qui a servi une fois a consommé une part importante de sa réserve, même si aucun choc n'a été délivré : l'analyse du rythme et la charge tirent beaucoup plus que des mois de veille.
Les manipulations enfin. Un sachet d'électrodes que l'on ouvre pour vérifier, un connecteur débranché puis rebranché, un appareil déplacé plusieurs fois : chacune de ces opérations est anodine, leur accumulation ne l'est pas.
Les électrodes sont à usage unique. Une fois collées sur une peau, elles ne se recollent pas et leur gel a servi. La question ne se pose pas, même si l'appareil n'a finalement pas délivré de choc.
Pour la batterie, la règle est moins connue. Après une utilisation réelle, la réserve restante n'est plus celle que la date laisse croire. Un appareil rebranché avec sa batterie d'origine après un usage est un appareil dont on ne connaît plus l'autonomie.
Le retour en service d'un défibrillateur qui a servi comprend donc au minimum le remplacement des électrodes et le contrôle, souvent le remplacement, de la batterie. C'est aussi le moment de récupérer les données de l'intervention si l'appareil les enregistre.
Relever une date une fois ne suffit pas, parce qu'un rappel posé dans un agenda survit rarement à un changement de poste. Ce qui tient, c'est un tableau où chaque appareil occupe une ligne : site, emplacement, marque, modèle, numéro de série, date des électrodes, date de la batterie, date du dernier contrôle.
Ce tableau se relit une fois par trimestre et se commande à l'avance. Un consommable arrive en quelques jours, mais il se commande avant l'échéance, pas après : entre la date d'expiration et la livraison, l'appareil est un appareil sur lequel on ne peut pas compter.
C'est cet échéancier que nous tenons pour les parcs dont nous assurons l'entretien, et c'est ce qu'un audit de parc établit lorsqu'il n'existe pas encore.
Oui, et c'est le cas le plus fréquent. Le voyant vert traduit le résultat de l'autotest, qui porte sur l'électronique et la capacité de charge. Aucune date de péremption n'est transmise à l'appareil : un sachet scellé ne communique pas avec lui. Un défibrillateur aux consommables expirés clignote donc exactement comme un autre.
Non. Le sachet est scellé pour empêcher le gel conducteur de sécher, et l'ouvrir revient à périmer les électrodes le jour même. La date est imprimée à l'extérieur, le plus souvent au dos : il suffit de sortir le sachet de son logement pour la lire, puis de le remettre en place sans le décacheter.
Oui, lorsque sa date est atteinte. Le niveau affiché mesure la charge restante, pas le vieillissement de la chimie. Une batterie en fin de vie annoncée peut afficher un bon niveau et ne plus délivrer l'énergie d'un choc au moment voulu. La date prime sur l'indicateur.
Elles se périment au même rythme que les électrodes adultes, et c'est l'oubli le plus courant d'un parc. Comme elles ne servent presque jamais, personne ne les manipule et personne ne lit leur date. Elles se remplacent donc à la même échéance, qu'elles aient servi ou non.
Elles ne se jettent pas avec les ordures courantes. Les batteries relèvent de la filière des déchets d'équipements électriques et électroniques, et les électrodes de la filière des déchets d'activité de soins selon leur état. Lorsque nous posons un consommable, nous reprenons l'ancien pour recyclage.
Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.