Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 2 novembre 2026.

Sur la fiche d'un appareil, on lit souvent une seule date, celle qui s'est imposée à la dernière visite. Or un défibrillateur porte deux consommables qui vieillissent à des rythmes différents : les électrodes, la batterie. Quand l'une est remplacée, l'autre garde sa date d'origine. C'est dans cet écart que se perdent les échéances, surtout sur un parc de plusieurs appareils.
Les électrodes tiennent de deux à cinq ans selon les modèles, la batterie de quatre à sept. Les fourchettes se chevauchent à peine, et surtout elles ne partent pas du même jour : les électrodes ont pu être posées à l'installation, la batterie remplacée après un usage, ou l'inverse.
Résultat, un appareil mis en service en une fois n'a pas pour autant deux échéances jumelles. Dès le premier remplacement de l'un des deux éléments, les chemins se séparent, et ils ne se rejoindront pas d'eux-mêmes.
La date des électrodes est imprimée sur leur sachet scellé. Elle dit jusqu'à quand le gel et l'adhésif sont garantis par le fabricant. Celle de la batterie figure sur la batterie elle-même, et il faut parfois l'extraire de son logement pour la lire.
Aucun voyant ne signale la première. L'autotest vérifie l'électronique et l'état de charge, il ne lit pas une date sur un sachet. Une électrode périmée peut donc coexister avec un témoin vert pendant des mois, sans que personne ne soit prévenu.
| Élément | Durée annoncée | Où lire la date | Ce qui la raccourcit |
|---|---|---|---|
| Électrodes adultes | 2 à 5 ans | Sur le sachet scellé | Sachet ouvert, abîmé ou décollé |
| Électrodes pédiatriques | 2 à 5 ans | Sur leur propre sachet | Même cause, et oubli fréquent |
| Batterie | 4 à 7 ans | Sur la batterie | Autotests quotidiens, usage, chaleur |
Beaucoup de tableaux de suivi n'ont qu'une colonne « péremption ». On y inscrit la plus proche, ou la dernière relevée, et on considère l'affaire réglée. Le jour où cette date est traitée, on remplace ce qui est périmé, et la ligne se met à jour avec la date de ce qui vient d'être changé.
L'autre consommable disparaît alors du tableau. Il n'a pas été oublié volontairement, il n'a simplement plus de case. Deux colonnes par appareil, une pour les électrodes adultes, une pour les électrodes pédiatriques, une pour la batterie, suppriment ce risque pour un coût de saisie négligeable.
Sur un parc, le même défaut se multiplie. Dix appareils, trois dates chacun : trente échéances dont une poignée seulement apparaît dans le tableau. Celles qui manquent sont presque toujours les mêmes, les électrodes pédiatriques et la batterie de l'appareil dont on a changé les électrodes l'an dernier.
Certains exploitants remplacent tout en même temps, par simplicité. C'est un choix défendable : une seule intervention, une seule commande, un seul rapport. Il a un prix, puisqu'on change parfois une batterie qui avait encore des années devant elle.
L'autre choix consiste à laisser chaque élément aller au bout de sa durée et à planifier deux remplacements distincts. On consomme moins, mais on tient deux calendriers. Aucune règle n'impose l'un ou l'autre. Ce qui compte, c'est que le choix soit fait et écrit, pas qu'il résulte de ce qui s'est passé à la dernière visite.
Sur un parc de plusieurs sites, le suivi des dates relève de la gestion des électrodes et des batteries, où l'échéancier est tenu appareil par appareil et le consommable commandé avant la date, pas après.
Le bon moment pour vérifier que les deux colonnes sont justes est la visite annuelle. Le technicien lit les deux dates sur l'appareil, les compare à celles du registre, et signale tout écart. Un relevé fait par quelqu'un d'autre que celui qui tient l'échéancier est aussi une façon de détecter une erreur de saisie.
Si l'écart apparaît pour la première fois, par exemple parce que personne n'a jamais relevé la batterie, un audit de parc remet à plat les dates de tous les appareils en une seule passe. Il est plus simple de repartir d'un état exact que de corriger ligne à ligne un tableau dont on ne connaît plus l'origine.
Après un usage, les électrodes sont à usage unique et la batterie a délivré son énergie : les deux se remplacent. C'est le seul cas où les dates se resynchronisent de façon naturelle, et c'est aussi le moment de recopier les nouvelles dates dans le registre.
Lors d'un remplacement isolé, notez immédiatement la date de l'élément laissé en place. C'est celle qu'on perd le plus souvent. Une ligne ajoutée au compte rendu suffit, à condition qu'elle ne soit pas remise à plus tard.
Enfin, vérifiez que l'étiquette collée sur l'appareil et le registre racontent la même chose. Si l'une affiche une date que l'autre ne connaît pas, c'est le signe qu'un remplacement a eu lieu sans être consigné.
Rarement. Les électrodes tiennent de deux à cinq ans selon les modèles, la batterie de quatre à sept, et leurs points de départ diffèrent dès qu'un seul des deux a été remplacé. Chaque appareil a donc deux dates à suivre, voire trois avec des électrodes pédiatriques.
Non, pas à partir de la date imprimée sur le sachet. L'autotest contrôle l'électronique et l'état de la batterie. La péremption des électrodes se lit sur le sachet, à la main, et c'est pourquoi elle exige un suivi écrit distinct.
Oui, rien ne l'interdit. Vous gagnez une seule intervention et un seul calendrier, au prix d'une batterie parfois changée avant son terme. Ce qui importe est de documenter le choix et de reporter les nouvelles dates dans le registre.
Dans le registre de sécurité et dans le tableau de suivi du parc, avec une colonne par consommable. La date utile est celle imprimée sur le sachet ou la batterie, pas celle de la livraison ni de la pose.
Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.