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Un exercice à blanc pour vérifier que l'équipe sait où est le défibrillateur

Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, MaintenanceDAE. Publié le 21 octobre 2026.

Un exercice à blanc pour vérifier que l'équipe sait où est le défibrillateur

Le défibrillateur est contrôlé, les électrodes sont dans leur date, le registre est à jour. Reste une question que la visite d'entretien ne pose pas : le jour où quelqu'un s'effondre, qui court le chercher, et par où ? Un exercice à blanc de vingt minutes répond mieux que n'importe quel document. Il ne coûte presque rien et révèle ce que les fiches cachent.

Ce que l'exercice vérifie, et que l'entretien ne voit pas

La visite d'entretien s'intéresse à l'appareil, à ses consommables, à son armoire. Elle ne dit rien de la mémoire collective du site. Or un défibrillateur parfaitement tenu, que personne ne sait localiser, reste inutilisé tout aussi sûrement qu'un appareil en panne.

L'exercice à blanc teste la chaîne autour de l'appareil : reconnaître la situation, appeler les secours, envoyer quelqu'un chercher le défibrillateur, le rapporter. Chaque maillon peut casser pour une raison banale : un numéro d'appel inconnu des remplaçants, une porte fermée à clé, un étage que personne n'associe à l'armoire.

Le scénario, simple et chronométré

Prévenez la direction et le référent, pas les équipes. Choisissez un moment ordinaire, ni le lundi à huit heures ni la veille des congés. Annoncez à voix haute, dans un bureau ou un atelier pris au hasard, qu'une personne est tombée et ne respire plus. Faites jouer la victime par un mannequin, une chaise ou un collègue prévenu, mais jamais par quelqu'un qui s'allonge pour de vrai sur un sol froid.

Un observateur note ce qui se passe, sans aider. Il relève qui réagit, qui appelle, combien de temps passe avant que quelqu'un parte chercher l'appareil, et le chemin pris. Le chronométrage n'a pas de valeur réglementaire : il sert uniquement à comparer un exercice au suivant.

Prévoyez dix minutes de retour à chaud juste après, tous réunis sur place. Chacun dit ce qu'il a fait, ce qui l'a gêné, ce qu'il a hésité à faire. Les remarques les plus utiles viennent souvent de ceux qui n'ont rien dit pendant l'exercice, parce qu'ils ne savaient pas par où commencer.

Ne pas sortir l'appareil de son armoire

Le point demande de la discipline. Ouvrir l'armoire déclenche souvent une alarme, et déplacer l'appareil l'expose à un oubli au retour. Dans un exercice à blanc, la personne envoyée touche l'armoire du doigt, annonce qu'elle a l'appareil, puis revient les mains vides.

Si vous voulez aller jusqu'à la manipulation, c'est le rôle d'une session de formation sur appareil de formation, qui reproduit les consignes sans délivrer de choc. Mélanger les deux, c'est risquer de remettre en service un vrai appareil dans un état douteux. Si l'armoire a été ouverte, reportez-vous à ce qu'on vérifie ensuite.

Ce que l'on trouve presque toujours

Les écarts reviennent d'un site à l'autre. Un nouvel arrivant ne connaît pas l'emplacement. Le chemin le plus court passe par une porte à badge. Le panneau est visible depuis l'entrée mais plus depuis l'atelier. Le numéro à composer figure sur une affichette que personne ne lit sous la pression.

Notez chaque écart tel quel, sans chercher de coupable. Certains se règlent en une journée : une affichette déplacée, un panneau ajouté. D'autres demandent une décision, comme l'accès à un local verrouillé. Un écart qui touche l'appareil lui-même, par exemple une armoire dont l'alarme ne répond pas, se signale au prestataire de maintenance.

Pensez aussi aux horaires décalés. Une équipe de nuit, un gardien seul, un remplaçant d'été n'ont pas reçu la même information que le personnel permanent. Si le site compte plusieurs appareils, vérifiez que chacun est désigné sans ambiguïté, faute de quoi la personne envoyée revient du mauvais étage.

Garder une trace et recommencer

Une demi-page suffit : date, scénario, personnes présentes, écarts relevés, actions décidées et qui les porte. Rangée avec le registre de sécurité, elle montre à un contrôleur que le site ne se contente pas d'avoir un appareil. Aucun texte n'impose cet exercice : c'est une pratique volontaire, mais qui s'appuie sur la même logique que les exercices d'évacuation.

Une fois par an est un rythme raisonnable, accolé à la visite d'entretien ou au recyclage de la formation. Variez le lieu et l'heure. Un exercice toujours joué au même endroit, devant les mêmes personnes, ne teste plus rien.

Le suivi des actions compte plus que l'exercice. Un écart noté en octobre et toujours ouvert à l'exercice suivant décourage tout le monde. Fixez une date pour chaque action, et relisez la liste au début de l'exercice suivant avant de lancer le scénario.

Questions fréquentes

Un exercice à blanc est-il obligatoire ?

Non, aucun texte ne l'impose pour le défibrillateur. C'est une pratique volontaire de l'exploitant, qui complète la maintenance prévue par l'article R. 5212-25 du Code de la santé publique. Elle ne remplace ni la visite d'entretien ni la formation des personnes.

Faut-il prévenir les salariés à l'avance ?

Prévenez la direction et le référent, pas l'ensemble des équipes. Si tout le monde sait que l'exercice arrive, vous mesurez la préparation et non la réaction. En revanche, annoncez clairement à voix haute qu'il s'agit d'un exercice pour éviter toute vraie alerte.

Peut-on utiliser le vrai défibrillateur pour l'exercice ?

Mieux vaut éviter. Sortir l'appareil de son armoire, l'allumer ou coller des électrodes l'expose à une usure inutile, et à un oubli de remise en place. Pour manipuler, utilisez un appareil de formation lors d'une session dédiée.

Qui doit conduire l'exercice ?

Le référent défibrillateur du site, ou à défaut le responsable sécurité. Il a besoin d'un observateur distinct, qui note sans intervenir. Sur un site multisite, chaque site peut conduire le sien avec la même trame, ce qui rend les résultats comparables.

Que faire si l'exercice montre que personne ne sait où est l'appareil ?

C'est précisément ce qu'il devait révéler. Rappelez l'emplacement à toute l'équipe, vérifiez la signalétique depuis les points où les gens travaillent, et programmez une session de formation. Refaites l'exercice quelques semaines plus tard pour vérifier le progrès.

Un parc à faire suivre ?

Visite annuelle sur site, remplacement des consommables avant péremption, attestation pour votre registre de sécurité. Réponse sous 24 heures ouvrées.

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